Vision et génie international 
des  "familles du Nord"
et de Roubaix en particulier

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Au XIXe et une partie du XX° siècle, Roubaix a été une capitale mondiale du textile, abritant même la bourse de la laine (aujourd’hui située en Australie). « L’ Europe  a un axe majeur d’échanges entre l’ Italie et l’ Europe du Nord; Les Flandres méridionales en font partie. Comme le montre Braudel, on trouve dès le Moyen Âge des premières manifestations du capitalisme commercial en Italie et aux Pays-Bas. Le commerce maritime avec l’ Orient, a enrichi les cités italiennes à la suite des croisades, tandis que les Pays-Bas, à l’ embouchure du Rhin, font le lien entre l’ Italie et l’ Europe du Nord dominée par la ligue hanséatique. Dans les grandes cités, les marchands de draps et de soieries adoptent des méthodes de gestion capitalistes. Ils effectuent des ventes en gros, établissent des comptoirs et vendent leurs produits dans l’ ensemble des grandes foires européennes. Ils se fournissent en matières premières aussi bien en Europe qu'au Levant. Dans cette époque troublée du Moyen Âge, ils règlent leurs paiements par lettres  de change, moins dangereuses que le transport de métaux précieux. C'est donc logiquement que se développeut, en parallèle du capitalisme commercial, les premières activités bancaires du capitalisme financier : dépôts, prêts sur gage, lettre de change, assurance pour les navires. Venise est le centre d'une « économie-monde » à la fin du Moyen Âge. Ces capitalistes s'enrichissent si bien qu'ils étendent leur emprise économique sur l’ ensemble de l’ Occident chrétien, créant ainsi ce que Braudel appelle une « économie-monde ». Dans son analyse, Braudel distingue l’ « économie de marché » du capitalisme, ce dernier constituant une sorte de « contre-marché ». Selon lui, l’ économie de marché (c’est-à-dire l’ économie locale à cette époque) est dominée par les règles et les échanges loyaux, parce que soumise à la concurrence et à une relative transparence, le capitalisme tente de la fuir dans le commerce lointain afin de s'affranchir des règles et de développer des échanges inégaux comme nouvelles sources d'enrichissement. Dans les grandes villes spécialisées d'Europe, l’ artisanat, tourné essentiellement vers l’ exportation, est dominé par les grands négociants et drapiers, si bien que les rapports économiques entre artisans et marchands s'apparentent à du salariat. Les négociants contrôlent à la fois l’ apport de matières premières en amont et la vente des produits finis en aval. La population urbaine se différencie déjà en plusieurs classes économiques distinctes, riches pour certaines, pauvres pour d'autres . La ville de Florence en est le parfait exemple : on y trouve très tôt des banquiers qui développent des succursales à travers l’ Europe et asservissent l’ industrie à leur recherche du profit. Parmi eux de grandes familles , telle celle des Médicis, créent les premiers rapports « privilégiés » entre le monde des affaires et le monde politique. »

On voit cette vision internationale par cet exemple du XIII° siècle : le flamand « Guillaume de Rubrouck ou de Rubroeck, dit Rubruquis (1215-1295), voyageur né près de Cassel vers 1220, mort vers 1290.

Rubrouck

Il entra dans l'ordre des frères mineurs, et se trouvait en 1252 à Saint-Jean d'Acre (Les Croisades), lorsque le roi de France Louis IX lui confia la mission de s'assurer si le bruit de la conversion du grand khan, Ilchi-Khataï, au christianisme, était fondé. La nouvelle était fausse, et la mission n'obtint aucun des résultat politique ou religieux qu'il escomptait, mais Rubruquis rapporta de ce voyage, qui dura plus de deux ans, une série de renseignements qui contribuèrent à éclairer ses contemporains sur l'histoire, les moeurs et le pays des Mongols. Après s'être rendu à Karakoroum, capitale du grand khan, par la Crimée et le Turkestan, il revint par le Caucase, la Syrie et l'Arménie. Il aurait, semble-t-il, établi d'une manière irréfutable le bien fondé de l'assertion d'Hérodote, que la mer Caspienne était un véritable lac, tandis que les Européens la croyaient généralement en communication avec l'Océan glacial. Il rédigea pour Louis IX une relation latine de son voyage, dont il existe un exemplaire manuscrit à Leyde : De moribus Tartarorum. Itinerarium Orientis. 

 En 1624, des Roubaisiens avaient exprimé leur ouverture au monde : sous la conduite de Jean de Lannoy, ils  abordèrent l’ Ile de Manhattan encore occupée par les indiens Manhatte  et Iroquois; ils naviguent  dans le navire « le « Nieuw Netherland » ; parmi eux Philippe Mathon, de Tourcoing, sa femme et ses cinq enfants ; l’ île est rachetée aux indiens 60 florins. Quelques années plus tard, d’autres  familles des Pays-Bas viennent dont les enfants de Jesse de Forest, ancêtres  de F.D. Roosevelt. Mais l’ île est bien précaire ; en 1652, une colonie hollandaise arrive. La « Nouvelle Flandre » est appelée « New Amsterdam »; en 1664, les anglais s’emparent de l’ île et la rebaptisent « New-York ». (Le duc York est le frère du roi Charles II ). En 1961, l’ Ambassadeur des Etats Unis a accepté d’être parrain du nouveau carillon de Tourcoing en souvenir du tourquennois Philippe Mathon qui fut l’ un des fondateurs de New-York. Son descendant, Eugène Mathon a bien compris que l’ économie est mondiale. En dehors de Tourcoing, d'abord, il  possède une filature de laine peignée à Anor "les Anorelles" et un tissage à Avelghem en Belgique, mais surtout il  dispose d’agences dans tous les continents: 24 en Europe. 4 en Asie, 3 en Afrique. 2 en Amérique 12 en Amérique Centrale, 12 en Amérique du Sud. 4 en Océanie.

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Les Virnot

Tôt dans l’ Ancien Régime, les négociants nordiste commerçaient avec l’ Europe, par les mers et par le grand axe européen Flandres-Italie: au XVII° siècle, Urbain II Virnot,  né le 25 Avril 1651, Conseiller du Roy, Contrôleur des Guerres à  Hondschoote, à l’origine de la chambre de commerce de Dunkerque, ancêtre des Prouvost-Virnot, d’une famille lilloise venue du val d’Aoste par ce même axe européen, commandita Jean Bart pour accompagner ses deux navires : « la Sorcière «  et « la  Serpente » pour aller à Cadix; elles partent le 5 mai 1680. Sur la route du retour, Jean Bart, qui commande la Sorcière, rencontre un pirate Barbaresque de Salé, armé de 24 canons. Il revire dessus, avec une décision telle que l'autre intimidé par cette manoeuvre, prend le parti de la suite." Lesté de sel, il rentre à Dunkerque, le 24 août, avec des balles de laines et 3.000 écus  pour son armateur." G. de Raulin: Jean Bart, Corsaire du Roy

Jean-Bart

Urbain Dominique Virnot, juge et consul, directeur de la chambre de commerce de Lille, dans la 2° partie du XVIII ° siècle, commerçait avec des destinations lointaines le sel et les épices. Sa belle mère, une Carpentier, appartenait à une famille liée à l'industrie de la dentelle depuis plus de 200 ans: "à l'époque de Louis XVI, Carpentier donne du travail à un millier de dentellières, et ses bénéfices lui permettent de mener grande vie dans son hôtel décoré à la française"  Trénard: histoire d'une métropole. On peut imaginer le caractère international de la distribution d’une aussi importante production de dentelles.

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La famille Carpentier par Jacops, peintre de la guilde d'Anvers en 1602

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Les Virnot par Heinsius, peintre des filles du Roi.

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Lettre de Pedro Virnot à ses parents depuis Londres en 1788

et son gendre, François Barrois-Virnot, futur maire de Lille et député, voyageait pour ses affaires. Président de la Chambre et du Tribunal de Commerce, Conseiller Municipal en I807,adjoint en I8I8,puis Maire de Lille par ordonnance royale du 12 Août I830, Député du Nord en 1824 et en 1831, il fut l'un des principaux actionnaires-fondateurs du chemin de fer du Nord et des Mines de Lens. Il raconta un voyage d’affaire en Italie dans ses mémoires « le caducée et le carquois».

Francois-Barrois-Virnot

La Manufacture Royale du Dauphin

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créée le 13 janvier 1784, place des Carmes, à Lille, marque au « Dauphin couronné » et « A Lille », innova en employant la houille pour chauffer les fours et fabriquait de la porcelaine dure.  En 1786, avec la protection de M. de Calonne, elle obtient le patronage du Dauphin. Une pièce du musée est marquée « cuit au charbon de terre en 1785 ». Puissance innovante à vocation exportatrice.


« Charles-Désiré Le Thierry d’Ennequin

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petit fils de Désiré Le Thierry d’Ennequin -Delebecque, né à Lille le 6 janvier 1860, 11, rue des Buisses, dans une ancienne maison datant de 1727, précédemment habitée par Henri Deleruyelle, le 6/01/1860, licencié en droit et sculpteur, mort à  Paris le 14/06/1929 et inhumé à Flers-Les-Lille, avec ses ancêtres, dans un caveau de style grec qu'il avait fait ériger. Sa mère était la fille de l'éminent maire et héros de Lille, Jean Baptiste Smet, Chevalier de la Légion d'honneur, dont voici le château du Recueil à Flers près de Lille qui restera dans sa descendance jusqu'aux années 1980.Après avoir acquis quelques notions d'astronomie, de paléontologie, et soigneusement scruté les textes bibliques, les Beaux-arts et l' archéologie furent l'objet de ses études et de ses voyages. Cité par Lavignac comme fervent Wagnérien, M. LTE contribua de ses deniers à faire connaitre en Octobre 1899, à Paris l’opéra de Tristan et Yseult, fréquenta les musées d'Europe, des Etats-Unis et du Japon.
Au Musée de la Ville de Lille, il laissa par testament plusieurs œuvres décoratives inspirées par ses séjours répétés aux Indes, en Grèce, en Palestine et en Egypte : le Rishi l’ancêtre en prière, Pasiphaé, Némésis (le titre en grec chypriote de droite à gauche), Danaé, la harpie, cires perdues ; Judith devant Holopherne, statuette en ivoire ; Moïse, qui, après avoir emprunté aux égyptiens leurs vases d’or et d’argent, pour les en dépouiller, entraîne le peuple de Dieu à la conquête des terres des Cananéen, marbre jaune de Sienne ; Salomé dansant, cire perdue ;  Jean Baptiste Smet, maire de Lille, son grand père; Le colonel Albéric Smet à Sedan, cire perdue; le duc Philippe de Bourgogne, Cupidon, La sorcière, statuettes en bleu turquin, en marbre Savarezza, en ivoire ; Persée délivrant Andromède, pendentif pectoral en or émaillé par Tourette ; des vases, des plateaux, des lampes ; de l’orfèvrerie, des bijoux etc; il eut le rare bonheur de pouvoir étudier sous leurs formes diverses et jusque dans la mélancolique poésie de leurs ruines, tous ces rêves de beauté dont tant de civilisations ont parsemé le Monde, et notamment les temples de Bijanagar dévastés en 1564, de Khajurao, de Magda, du Guzrat, de l'Orissa" d'Angkor, de Boroboudha que l’indifférence et l’abandon ont voués à la mort. Sur les Merveilles architecturales, éparses dans les brousses de l'Orient. V. FERGUSSON, History of indian and eastern architecture. LEBON: La civilisation de l'Inde (1887). La peste et le choléra qui ravageaient les Indes à ces époques, il les affronta deux fois impunément, mais pas tout à fait la cruelle maladie coloniale qui avait déjà emporté son cousin Carlos Barrois. De Charles Le Thierry d'Ennequin à 25 ans, il existe un buste en bronze par Samain, artiste belge, Prix de Rome. 

Roubaix fut capitale mondiale de la laine

O cité, ton renom s'étend à l'univers
Et je veux exalter ta grandeur en mes vers,
Ville des artisans, ô ma ville natale. 

Amédée III Prouvost le poète. 1877-1909

Concernant Roubaix, " Dès 7 heures du matin, le 15 du mois de novembre 1469, le bailly Jean de Langlée, les échevins Jean de Buisnes et Jean Prouvost, dit des Huçons, les deux lieutenants Jean Fournier et Guillaume Agache, se rendirent au château  de Roubaix  construit par Pierre de Roubaix  (1415-1498), premier chambellan de  Charles, duc de Bourgogne, pour lui témoigner la reconnaissance de ses sujets pour avoir  obtenu la charte de Roubaix qui donnait à la ville le droit de faire draps de toute laine. "

(Histoire de Roubaix, Trénard) . Et " depuis Charles Quint, les mêmes familles dominent la Fabrique Roubaisienne : Pollet, Mulliez, Prouvost, Van Reust (qui devient Voreux), Leclercq, Roussel, Fleurquin, Florin, Malfait. Elles assurent la majorité de la production." Hilaire -Trénard: Histoire de Roubaix".

Panckoucke disait au XVIII° siècle :« Beaucoup de ville s ne valent pas le bourg de Roubaix  tant dans la beauté des maisons du lieu que dans le nombre de ses habitants ».

«  Ces familles patriciennes, riches en enfants et en idées, ont généré les meilleurs «entrepreneurs», allant des industries, maintenant traditionnelles de cette belle région, aux créations les plus avant-gardiste. Qu’ils prirent leur cheval, leur navire ou, plus tard, leur avion ou le Net, ils fondèrent, en France ou à l’autre bout du monde, des empires dont le siège était à Roubaix, longtemps capitale mondiale de la laine. Tout est à l'honneur, de la politique à la religion, de l’armée aux beaux-arts, de la presse aux capitaines d’industries, des explorateurs aux ingénieurs, mais aussi de véritables Saints et Saintes aux dévouements incommensurables. J’ai été frappé de voir combien, à chaque génération, la véritable notion de « Servir» prime les intérêts moraux ou financiers. C’est là le secret et la réussite de ces familles qui vont pendant des siècles être au premier rang de ce que « le Nord » a produit de meilleur. » Pierre de Bizemont

« Dans chacune de nos cités des Flandres –maritime et wallonne- l’Eglise nous enseigne la fidélité aux traditions religieuses, le Beffroi affirme l’attachement aux  libertés communales, toutes les productions des lettres et des arts nous démontrent le respect de la foi jurée, le culte du beau, l’amour du bien, la fierté du devoir accompli. » Albert-E Prouvost

« Les lettres  échangées entre mon grand- père, ma grand-mère Amédée Prouvost et leurs six enfants témoignent d’un attachement fondamental aux vertus essentielles de notre race du Nord de la France, consacrées par des siècles de luttes et d’épreuves. S’aimer, s’entr’aider, travailler dans la loyauté et l’honneur à créer chaque jour un peu plus de bonheur pour tous, être prudents dans le succès, courageux dans l’adversité, tels étaient les enseignements traditionnels de nos familles, transmis dans un grand esprit chrétien. ».Jacques Toulemonde

« Tout ce qu’il  y a de meilleur  dans nos traditions roubaisiennes : la foi, l’attachement au devoir d’état, le culte des parents, l’union des frères et sœurs, la joie des réunions de famille, nombreuses et prolongées, le goût du travail   et de l’initiative, l’esprit d’entreprise, le génie industriel, particulièrement mélé, dans le milieu où grandit l’abbé Lestienne-Prouvost, à un goût artistique très éclairé et très sûr.»

Roubaix : «  ville unique, où tous travaillent dès l’ âge légal, jusqu’à la tombe, où chaque réfractaire est montré du doigt comme frappé de la lèpre, (..) où la concurrence loyale et excitant pique de son aiguillon les flancs d’une jeunesse jusque là intrépide, où les carrières libérales sont quasi inconnues ou d’importation, où nul ne jette un œil  d’envie ou de concupiscence sur le fonctionnarisme, où par surcroît chacun s’accommode de familles nombreuses, parce que chaque nouveau venu est considéré pour l’ avenir comme un capital en bourgeon, bientôt en fleurs, et en rameaux ombragés, où viendront s’abriter des générations laborieuses d’artisans, trouvant emploi de leurs bras, leur unique capital, et parce que ces nouveaux venus sont de plus dans le présent pour les parents, ferments nouveaux d’énergie et d’entreprises plus vastes. » Eugène Motte

Mais le Nord industriel prit une importance économique de premier plan au XIX° siècle qu’a exposé avec brio Pierre Pouchain dans sa magistrale somme « les Maîtres du Nord ».

Les grands fondateurs d’industries sentent le monde nouveau apparaître :

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Amédée I, Jean, Jacques, Albert-Auguste, Albert-Bruno Prouvost

Dans la famille Prouvost, Amédée I Prouvost, 1820-1885,  « fut dans sa jeunesse un infatigable voyageur : la lente et banale diligence  lui déplaisait : un beau jour, il  monta à cheval, il  partit, il  parcourut toute la France, s’extasiant devant les paysages, s’arrêtant à la porte des usines, mêlant dans son carnet des impressions d’artiste et des notes d’affaires, exemplaire inédit du roubaisien à la fois aventureux et positif. Se horizons se sont élargis dans ce contact avec le monde et les industries diverses. Il  est revenu, l’ âme accueillante à toutes les initiatives, fidèle aux traditions du passé, mais incapable de les confondre avec la routine. Il crée à Roubaix le peignage mécanique de la laine. »« La Lainière de Roubaix était une entreprise française du secteur du textile qui a ouvert en 1912 pour fermer le 17 janvier 2000. Elle était un fleuron de l’empire Prouvost.

Évolution du nombre d’employés : février 1957 : 7 800;  janvier 2000 (à sa fermeture) : 212.Usine annexe à Cambrai comptant jusqu’à 1 300 ouvriers. Bâtiments à Roubaix et Wattrelos sur seize hectares.Produits lancés (entre autres) : la pelote de laine Pingouin en 1926 ;    les chaussettes Stemm en 1948 (avec parrainage du groupe de rock Les Chaussettes Noires en 1961).

Anecdotes :À son apogée (années 1960), le fil produit par l’entreprise en une journée aurait suffi à faire quarante fois le tour de la Terre.L’entreprise fut visitée par Élisabeth II et Nikita Khrouchtchev.    La Lainière crée en 1975 la revue Mon Tricot, mensuelle, vendue jusque dans dix pays.    Le groupe d'Eddy Mitchell, Les Chaussettes Noires, initialement baptisé Five Rocks, a vu son nom modifié parce qu'Eddie Barclay (leur producteur) avait conclu un accord commercial avec la Lainière de Roubaix.

Bibliographie :  article Le fil rompu in La Vie no2838 de la semaine du 20 janvier 2000.Jean Prouvost eut des méthodes innovantes: "Il  introduit des méthodes qui ont fait leurs preuves aux États-Unis. Il recrute les meilleurs journalistes (dont Pierre Lazareff, Paul Gordeaux et Hervé Mille) et s’assure la collaboration occasionnelle de grands noms de la littérature : Colette couvre les faits divers ; Jean Cocteau fait le tour du monde pour le journal ; Georges Simenon enquête sur des affaires criminelles retentissantes. Il utilise comme correspondants de guerre Blaise Cendrars, Joseph Kessel, Antoine de Saint-Exupéry, Paul Gordeaux. A l’ occasion les envoyés spéciaux sont Maurice Dekobra, Pierre Mac-Orlan, Pierre Daninos. De 70 000 exemplaires en 1930, le tirage de Paris-Soir monte au chiffre considérable de 1 700 000 en 1936. Jean Prouvost constitue bientôt un véritable empire comprenant Marie-Claire, magazine féminin racheté en mars 1937, et Match (journal sportif), en 1938."

Albert-Auguste Prouvost, né le 15 juillet 1909 à Roubaix, décédé le 6 septembre 1991 à Bondues et Anne  de Maigret: " Le versant plaisant de cette vie trépidante d'homme d'affaires reste malgré tout les voyages. Contacts commerciaux, contrats, implantations d'usines, le patron de la société Prouvost sillonne sans cesse les cinq continents. Son épouse l'accompagne toujours. «Nous avons été de vrais voyageurs, explique Mme Prouvost. Pas seulement par le nombre extravagant de nos périples à l'époque ou se déplacer était encore une aventure, mais aussi par l'insatiable curiosité qui nous animait.». Albert-Auguste Prouvost entend aussi mener sa carrière d'industriel sans égoïsme : il n'a de cesse que d'amé1iorer le niveau de vie des plus défavorisés. Le logement est son cheval de bataille."

Albert IV-Bruno Prouvost-1942-1987, époux de Corinne Grimonprez, fille de René Grimonprez 1913-1972 et Marcelle Masurel 1919-2010, dont Albert-Nicolas, Eléonore et Barbara. Cinquième descendant en ligne directe d’Amédée Prouvost, fondateur du groupe en 1851, il était l’héritier d’un des plus grands groupes du monde. Un manager mais aussi un homme exceptionnel. Albert-Bruno faiasait partie de la nouvelle génération des chefs d’entreprises tout en cultivant la tradition familiale et tooutes les qualités impliquant l’une et l’autre caractéristique. Grand  sportif- comme son père d’ailleurs- il pratiquait régulièrement le squash et le ski. La condition physique qui était la sienne a d’ailleurs longtemps fait espérer en ses chances de survie.  Mais il était aussi ami des arts ; le peignage Amédée était toujours décoré dans ses bureaux de peintures d’artistes contemporains. l assistait régulièrement aux concerts en compagnie de son épouse, administratuer du festival de Lille.  Dans sa vie professionnelle ; il était, sans conteste, un des meilleurs dirigenats d’entreprise du moment. Il avait certes fait l’école Polytechnique mais c’est aussi le travail sur le terrain qu’il détenait son sens de la direction des hommes et d’un groupe comme celui des peignages de Prouvost SA avec 2.200 personnes en France, en afrique du Sud, en Australie, au Brésil. Mais Albert bruno n’ent tirait pas vanité. C’est d’ailleurs un des traits essentiels du caractère : la modestie. Jamais il ne s’attribuait le mérite du succès de ses peignages (…) Monsieur Prouvost était aussi un homme de communication cmme iul en existe peu. Avec Albert Bruno Prouvost, Roubaix perd aussi un de ses principaux défenseurs. » Extraits de la Voix du Nord
le 55, rue Royale à Lille, entre cour d’honneur et jardin, qui fut illustré par Albert-Bruno et Corinne Prouvost.Cette année 1987, notre fils ainé, Albert-Bruno, projette de construire un peignage de laine dans le sud de l’Argentine. Homme pressé comme son père, il loue un petit avion de tourisme conduit par un très bon pilote pour gagner un temps précieux. Is décollent et sont pris dans une tempête. L’appareil s’écrase sur les collines du Chubut. Après cette tragique disparition, mes enfants cèderont leurs intérêts dans l’entreprise de leurs ancêtres.

Les Masurel

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Jules Paul Masurel 1841-1925, " Par ses voyages a travers le monde, il  créa de nombreux comptoirs d'achat de laines et vécut des aventures extraordinaires. Car à cette époque - en 1860 - on voyageait a cheval et il parcourt de cette façon la pampa argentine et les déserts d’Australie. Il  s'y fit, peu a peu, une situation prépondérante et avait étendu son action a la planète entière car il  achetait et vendait des laines, non seulement d’Amérique du Sud ou d’Australie mais aussi de Nouvelle Zélande et d’Afrique du Sud à tous les lainiers du monde, achetant des haciendas en Argentine, des propriétés en Afrique du Sud, créant des comptoirs en Australie, en Nouvelle Zélande, Bolivie. Sa maison, Masurel fils , était l’ une des plus grandes firmes du négoce international. Dès 1889, la maison Masurel-frères obtenait une médaille d’or à l’ exposition de Paris Commissaire général de la section française de l’ exposition de Chicago, Vice-président de la caisse d’épargne de Tourcoing,

Jacques Henri Masurel-Lepoutre, frère d’Eugénie Prouvost-Masurel était adjoint au maire de Tourcoing,  administrateurs des établissements François Masurel frères, vice-président de la foire commerciale de Lille et vice-président de la foire Internationale textile , président de nombreuses sociétés régionales et locales et fondateur des amis de Tourcoing.

Le voyage se développa, souvent lié à l’ agrément : 

« En 1890, Albert et Marthe Prouvost s'étaient liés d'amitié, à Vichy, avec le général russe Annenkov. Celui-ci les invita à venir visiter ses propriétés d’Asie centrale. Le couple Prouvost, accompagne d'Edmond Ternynck et de son épouse, de Mme Jean Scrépel et de sa fille , et de deux neveux, tous s'en allèrent donc, par la Turquie et la Géorgie, vers le Turkestan. Ils visitèrent les cités mythiques de Boukhara et Samarkand, et retrouvèrent le général Annenkov dans ses terres, proches de la frontière chinoise. C'est la qu'Annenkov montra plus que le bout de l’ oreille: leur présentant ses immenses troupeaux de moutons, il  fit valoir à ses hôtes tout l’ intérêt que présenterait pour eux la possession de terres sur lesquelles paitraient les ovins dont la laine alimenterait leurs usines roubaisiennes. Les voyageurs, conscients de leur devoir de déférence envers leur hâte, consentirent à acheter certaines de ces terres. Mais le Tsar refusa de ratifier le contrat, estimant que la terre russe ne pouvait être cédée à des étrangers. Peut-être en furent-ils secrètement soulagés? «  Pierre Pouchain Les Maîtres  du Nord, Perrin page 167

« Voyage d’Albert, Rita, Marguerite, Albert-Auguste Prouvost et Madame Vanoutryve : visite du chantier de l’ usine de Woonsocket,chutes du Niagara, Detroit et les usines Ford, Chicago et les abattoirs, Colorado Springs et Buffalo Bill,  Denver et le Pikes Peak,  le Grand Canyon de l’ Arizona, Salt Lake City et les Mormons, San Francisco, Santa Barbara, et son tremblement de terre deux jours avant de passer, Hollywood et ses studios (Marguerite obtient un autographe de Charlie Chaplin), le Texas, la Nouvelle Orléans, Washington et la Maison Blanche, Philadelphie et New-York, Manhattan, l’ ascenseur de l’ Empire State, retour par « l’ Ile de France » au Havre. Chaque année de 1924 à la guerre, nous allions par mer pendant  trois semaines à Woonsocket et Boston, profitant de l’ été indien. »

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Industriel, Charles II  Prouvost « créa avec François Motte , mais aussi avec Victor Dazin, Floris Lorthiois, Léon Vernier-Leurent, quatre sociétés : l’ une d’elle, la Société Industrielle de Pologne, ne se limita pas aux activités pétrolières ; elle prit aussi des participations dans une filature à Sosnowiec, dans un domaine agricole à Brody (ville natale de l’ écrivain Joseph Roth), dans la banque industrielle de Pologne etc. Les trois autres  gérèrent des concessions et prirent d’autres  participations, centrées sur les gisements galiciens. Mais la Société industrielle de Pologne fut mise en veilleuse en 1925 » MN Son fils, Charles Prouvost, le troisième, fit un voyage d'étude aux Etats-Unis en 1948 avec des confrères.

Les Motte


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Louis Motte , né en 1817, fils aîné du couple Motte-Brédart, disposant des fonds venus de son père et de la dot de sa femme, est plein d’ambitions. Il  ne veut pas continuer la filature traditionnelle avec les mule-jenny. En 1841, il  fait un long voyage d’étude en Angleterre, patrie de la révolution industrielle. Il découvre les fabriques de Manchester et de Bradford. Les Motte  s’établirent en Pologne, Russie avec leur cousin Gillet, à Lodz en Pologne, Odessa, Haute Silésie, Roumanie Allemagne. De même pour les Gratry en Russie.  Henri Maquet 1876-1943,  achetait des lins à Riga vers 1900, voir « les Maîtres  du Nord » Certains négociants du Nord,  Edouard  Crépy, Jean  Dalle de Bousbecque, Eeckman, Ernest Hespel, Leroy-Crépeaux, mais aussi les Scrive, Wallaert, Barrois, firent commerce avec « Les pays de l’ Europe du  Nord: Riga, Mêmel, Vilna, Reval, Pskov, Saint Pétérsbourg, voire Smolensk ou Arkhangelsk » MN

Les Pollet 

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créent en 1831-32  un tissage de coton, puis de laine, à Roubaix; c’est au 20° siècle que la vente par correspondance remplaça la production textile jusqu’à l’  OPA amicale: le Printemps détient plus de 50% du capital de La Redoute. 1991. Rachat du vépéciste britannique Empire Stores. 1994. Fusion-absorption de Pinault-Printemps-Redoute. 1995. Livraison gratuite et garantie en 24h chrono. Création du premier catalogue Somewhere sur CD-Rom et du site Internet (http://www.redoute.fr). 1997. Rachat du vépéciste scandinave Ellos Gruppeu. »


Les Tiberghien

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Louis Auguste Joseph Tiberghien, 1781 – Tourcoing,  1863 – Tourcoing, 81 ans, continua le commerce de la laine, achetant des toisons en Flandre, en Picardie, en Hollande ; au retour avec cinq ouvriers, il  trie, lave et peigne la laine que les fileuses, chez elles, tournent au rouet. Il  s’associe avec Monsieur Libert et s’intéresse au machinisme : deux chevaux entrainent les douze métiers de cent broches de la filature ; que les chevaux  fassent défaut et c’est la manufacture qui s’arrête. Il  fut le premier industriel de la famille   et réalisa son ascension sociale; mais divers évènements dont la Révolution de 1848 l’ empêchèrent de réussir jusqu’au moment où son fils Charles lui prouva le contraire.

Charles Tiberghien 1825-1907 réussit ; il  épousera Elise Lepoutre en 1858 ; En 1860, il  monte un tissage de cent métiers puis un autre de deux cents ; il  met en oeuvre un procédé technique utilisé avec succès à Reims ; en 1873, l’ entreprise comprend 300 métiers à tisser et 3.500 broches à filer. On achète une usine aux Francs. Les établissements Tiberghien frères obtiennent la médaille d’or à l’ Exposition Internationale de 1878. L’ ensemble des usines devient si important -1000 métiers mécaniques, 5000 broches, un peignage- qu’on le sépare en deux. Charles et ses Fils se trouveront à la tête d’un peignage de 50.000 broches à filer, 20.000 à retordre, 1200 métiers à tisser, une teinturerie et, par surcroit, de deux navires chargés du transport des marchandises. Il  prouvera toute sa vie une grande générosité. Outre sa famille, il  viendra au secours de son beau-père, Auguste Lepoutre ; pour le relever, il  risque la moitié de ses biens, lui envoie une partie de son personnel et de ses clients. Les ateliers de cette usine située rue Fin de la guerre couvrent une superficie de 10 ha. Il  s'agit d'une société qui a pour filiation la société " Charles Tiberghien et Fils " fondée par deux frères en 1853. En 1914, la filature comptait 52000 broches, la retorderie 15000 broches, le tissage 1050 métiers à tisser. Le peignage fournissait chaque semaine 40 000 kilos de laine peignée dont la majeure partie est absorbée par les deux filatures. Les établissements Paul et Jean Tiberghien possédaient leurs propres comptoirs d'achats directes de laine aux pays d'origine (Australie- Argentine). A noter : l’ apparition des camions automobiles sur ce dessin sont le signe d'une modernisation.

 

French Worsted, importante société textile française établie à Woonsocket, appartenait à la société de Charles Tiberghien et les Fils de Tourcoing. Son Président était Charles Tiberghien. La société avait déjà des usines en Autriche et la Tchécoslovaquie quand il  a construit un grand complexe à 153 Hamlet avenue. Avant 1910, la société employée plus de 400 personnes. Charles Tiberghien est resté le président de French Worsted pendant  40 ans, bien qu'il  ait passé très peu de temps dans Woonsocket. Cependant, la société a fait une contribution énorme à la ville et est restée dans l’ opération jusqu'aux années 1960

La Société Tiberghien a connu un essor considérable. Elle a la volonté de contrôler l’ ensemble de la filère laine, depuis les régions de production jusqu'au négoce. Elle disposait ainsi de bureaux d'achat dans les pays d'origine et de deux navires de flotte marchande dont le " Charles Tiberghien ", du nom du fondateur de cette  
Société en 1853. source : C.H.L

Les Vanoutryve

Félix Vanoutryve, 1834-1912, d’une intelligence et d’un jugement exceptionnel, avait créé et développé une affaire de tissus d’ameublement qui devint la plus importante de France. Tous lui étaient très attachés ; il  connaissait presque tous ses ouvriers, les conseillait et les soutenaient matériellement avec la plus grande largesse. Il  avait fait construire une grande maison de style 1880 qu’il avait fait construire boulevard de la République dans un parc proche de son usine.

Les Agache

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Édouard Agache, né le 16 juillet 1841, Lille, décédé en 1923 (82 ans), filateur et tisseur de lin à Lille, industriel chimiste, fondateur de la S.A. des Ets Agache-Fils, administrateur de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord, présidents des Ets Kuhlmann. Donat Agache a créé, en 1824, un négoce de lin à Lille, dans le quartier Saint-Sauveur. Quatre ans plus tard, Il  s'établit en tant que fabricant dans le même quartier. En 1848, les révolutions de février et juin entraînent une crise économique. À Pérenchies, la filature Le Blan ferme. Donat Agache s'empresse de la remettre sur pied. Et Pérenchies va devenir le fief de la dynastie Agache. La ville se développe en même temps que l’ usine qui devient la plus importante entreprise française de lin. Agache, lui, fait fortune. Donat Agache a plusieurs enfants dont un fils, Édouard, qui reprendra l’ entreprise à la mort de son père. Il bâtira un véritable « empire » du lin.


Les Dewavrin

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 Photo Gonzague Lemaître

Anselme Dewavrin-Herbaux (1834-1896) , qui prit la suite de ses affaires, s'avisa en 1892 (comme d'autres négociants) qu'il serait plus profitable de se procurer les laines sur les lieux de production; 
il ouvrit en 1892 un comptoir d'achats a Sydney; ses descendants en établirent un second en 1911 en Afrique du Sud. Mais l'irrésistible ascension de la firme Dewavrin se produira après la Deuxième Guerre Mondiale. L'idée d'aller chercher les laines dans leur pays d'origine (et donc de court-circuiter Londres en évitant le paiement de commissions) n'était pas nouvelle.

Le groupe fondé par Anselme Dewavrin, que développèrent ses descendants. Ceux-ci, en 1955, se séparèrent en deux branches autonomes.

 La branche Anselme redémarre l’activité traditionnelle de négoce sous la raison sociale Anselme Dewavrin Père et Fils, puis Simptra Dewavrin. Il rachète parallèlement le Peignage de La Tossée et le Peignage Alphonse Six, animés par Anselme Dewavrin Pollet. Il développe une diversification dans la vente par correspondance : Le Vert Baudet et Willems France. Ultérieurement, l’activité négoce a été rachetée par le groupe américain Standard Tobacco. Cette même firme, gros négociant producteur de tabac aux Etats-Unis, en 1995, après avoir tenté de vendre sa division Laine à Chargeurs et d’autres, l’a tout simplement arrêtée.

 L’autre branche, la famille Henri Dewavrin Masurel, animée par Jacques Dewavrin Constant et ses frères, développe parallèlement l’entreprise de négoce de laine sous le nom ADF. De négociant, la famille devient industrielle en créant en 1963 à Auchel, dans la région minière, un peignage de laine dont la capacité sera doublée en 1974. Ce peignage en son temps a été le plus moderne au monde et le premier à être doté d’un système de dépollution totale. En 1970, ADF rachète une autre affaire très connue de négoce : la firme Emile Segard, qui disposait principalement de bureaux d’achat en Amérique Latine. Le groupe rachète ensuite la Filature Française de Mohair à Péronne dans la Somme à la famille le Blan et la Filature Van Den Berghe à Roubaix. Ils s’associent avec les Prouvost dans le négoce / carbonisage de sous-produits du peignage en rachetant la firme Comtex.

Jacques Dewavrin, époux de Manette Constant, sœur d’Eugène, rachète en 1969 les Tissage Eugène Constant, propriété de son beau-frère, puis la firme Dickson, qui fusionnent par la suite sous le nom de Dickson Constant. Dickson était une société fondée en 1798, dans la région de Dunkerque, par David Dickson, un Ecossais, qui se consacra, a l'origine, a la filature du lin et au tissage des toiles destinées aux voiles des navires. Dickson était une affaire cotée en bourse, propriété de la famille Fremaux. Par la suite, le Groupe Dewavrin a cédé le Groupe Dickson à la firme américaine Glen Raven Mills, propriété de la famille Gant.

Face à la concurrence chinoise, à un euro fort, aux contraintes environnementales et aussi aux changements de générations avec le cortège des droits de succession et des ISF, le Groupe actuel a réussi à assurer sa pérennité en s’étant diversifié dans un pôle Lanoline / Cosmétique / Dermato-Pharma, animé par Christian Dewavrin et son cousin par alliance Ronald de Lagrange, époux de Christine Dewavrin.

 L’autre branche de la famille Henri Dewavrin Masurel a fait prospérer l’entreprise Pomona, leader français de la distribution de fruits et légumes, animée par Henri et Jean Dewavrin. Aujourd’hui leurs enfants ont repris avec succès le flambeau. Un autre cousin, Olivier, avait fondé l’entreprise Surcouf, supermarché de distribution informatique, aujourd’hui cédée au  Groupe Pinault.

Nos remerciements à Christian Dewavrin.

Daniel Dewavrin, fils d'André Dewavrin (Colonel Passy), à la parenté pas vraiment établie avec les Dewavrin, cet ancien élève de l'École polytechnique (X 1958, SupAéro), diplômé du Centre de perfectionnement dans l'administration des affaires et de Harvard Business School, est ingénieur de l'Ecole nationale supérieure de l'aéronautique. Il fut ingénieur de l'armement au ministère de l'Air avant d'accéder aux plus hauts postes de direction de diverses sociétés, dont Ratier-Figeac, Luchaire, Bertrand Faure et EBF.

De 1999 à 2006, il fut le président de l'UIMM-Union des industries métallurgiques et minières, la principale fédération de l'organisation patronale MEDEF. Un poste de première importance dans l'univers syndical patronal français.

En 1991, Avec 2.200 salariés et 3,5 milliards de francs de chiffre d'affaires dont les trois-quarts dans le négoce-peignage, le quatrième groupe textile français multiplie les lauriers: numéro deux mondial en peignés, numéro deux européen en mohair.

Il est en outre l'heureux propriétaire de Dickson Constant, évoqué ci-dessus, numéro un mondial en toiles de stores. En 1992, A. Dewavrin fils et Cie fêtera le centenaire de sa présence en Australie. Un privilège réservé aux meilleurs, même si le marché de la laine est entré dans des zones de turbulences début février.

Daniel Dewavrin est Commandeur de la Légion d'Honneur.

Les Lepoutre

ont eu un empire textile en Europe, Amérique du Nord et du Sud.

Les usines et comptoirs Lepoutre dans le Monde:
Les usines Lepoutre dans le monde
Photo Jean Pierre LEPOUTRE

Jacques Lepoutre (1893-1956)  was born in Roubaix, France in 1893. He was son of Auguste (1861-1932) et Jeanne Lepoutre (1869-1946)  and nephew of Louis Lepoutre - owners of Lafayette Worsted in Woonsocket and Auguste Lepoutre et Cie in France. After distinguished service in World War I, Jacques married and moved to Woonsocket in 1920. In the years between 1920 and 1922, Jacques built the Verdun Mill at 413 Manville Road. The mill carried on all phases of textile manufacturing. It was the only French owned textile mill in Woonsocket that actually wove cloth. By 1948, theVerdun employed 170 people. Unlike the other French industrialist, Jacques Lepoutre lived much of his life in Woonsocket. In 1922, he built a beautiful neo-classical mansion for himself and his bride off Roberts Street in Bernon Heights. In the 1920's and 1930's, this house was the scene of many elegant social affairs. He was a religious man who was active in his local parish, Precious Blood Church, and in the development of Mount St. Charles Academy. Jacques was President of the Verdun Mills from the day they opened until his death in 1956. He is buried in the Precious Blood Cemetery. This page utilizes information from: Woonsocket, Rhode Island - A Centennial History 1888 - 1988 published by the Woonsocket Centennial Committee in 1988. Woonsocket - Highlights of History 1800-1976 written by Alton Pickering Thomas, MD and published by the Woonsocket Opera House Society in 1973. For Woonsocket residents, both books are available at the Woonsocket Harris Public Library. Jacques Lepoutre s'installe à Woonsocket (Rhode-Island) USA pour contourner les lois protectionnistes américaines sur les filés de laine.A Brabant (Pierre Pouchain "les Maîtres du Nord") 9.05.06

French-Canadian Culture

Rhode Island's connection to France and French culture dates to 1524 when French explorer Giovanni de Verrazano explored the area around Block Island and Newport. By the end of the seventeenth century, French colonies in the new world extended from the St. Lawrence River to the mouth of the Mississippi River. These colonies prospered by trading timber, furs and fish. After the English defeated the French in the French-Indian War in 1763, "'la survivance" - the perpetuation of French language and culture - became a major priority for the French population in the new world.

Woonsocket had its first contact with French culture in the late eighteenth century when the Ballous and Tourtellots, French Huguenot families, settled in the area. The Ballous, especially Dexter and George, were pioneers in Woonsocket's textile industry. As the textile industry in Woonsocket grew, so did the need for mill workers. The first French-Canadian families were recruited from Quebec to work in the mills of Woonsocket in the 1840's. Once started, this migration would continue for almost a century.

The life of the French-Canadians in Quebec was largely agrarian. It was a system where each household grew, produced or bartered for everything the family needed to survive. As the population grew and family farms could no longer support succeeding generations, many left behind this self-sufficient life style for one based on wage labor in the mills. Eventually, one third of Quebec's population left Canada for mill villages in New England where they gathered in close-knit ethnic communities. By 1900, sixty percent of Woonsocket's population was French-Canadian and Woonsocket was the most French city in the United States.

In Woonsocket, these immigrants were textile workers instead of farmers, but everything else remained the same. French was the language that they spoke and life centered on family and the Roman Catholic Church. The first French-Canadian parish in Woonsocket was "Precieux Sang" - Precious Blood Church - established 1872. Eventually, Woonsocket had five French-Canadian parishes - Precious Blood, St. Anne, St. Louis, Our Lady of Victories and Holy Family. Through the church, French-Canadian heritage and traditions were passed down to succeeding generations and "la survivance" thrived in Woonsocket.

The French-Canadian focus on spiritual rather than material wealth was a godsend for mill owners. Even in the best times, life in the mills was difficult and unhealthy. The workday was long. The air was full of flying lint particles that often caused respiratory disease. It was cold and drafty in winter, hot and humid in summer; dirty, noisy, and uncomfortable at all times. While labor strife was common in textile cities across New England at the turn of the century, Woonsocket remained relatively calm. It was not until the 1930's with the collapse of the area's cotton industry and the arrival of skilled trade unionists from Belgium that labor unions became and active force in the community. Even then, these workers continued to define themselves first as French-Canadians, and second as industrial workers in American society.

Today, French-Canadians are still the largest ethnic group in Woonsocket and the city is proud of its French-Canadian heritage.

This page utilizes information from:

Steeples and Smokestacks - A Collection of Essays on the Franco-American Experience in New England edited by Claire Quintal and published by the Institute Francais, Worcester, 1996.

A History of Rhode Island Working People edited by Paul Buhle, Scott Molloy, and Gail Sansbury and published by Regine Printing Co., Providence, 1983.

Triomphe et Tragedie: A Guide to French, French Canadian and French-Huguenot Sites in Woonsocket written and published by Robert Bellerose, Slatersville, RI.

Woonsocket - Highlights of History 1800-1976 written by Alton Pickering Thomas, MD and published by the Woonsocket Opera House Society in 1973.
Lafayette Mills (The mill in the back later become part of the Argonne Company) Hamlet Avenue

Eugene Bonte from Highlights of History

The President of Riverside Worsted from 1935 until it ceased operation in 1952 was Eugene Bonte. Bonte and his family moved to Woonsocket from France in 1928. When Riverside Worsted closed in 1952, Bonte purchased the assets and reopened the company as Bonte Spinning Company. The Bonte family operated the mill until 1974.

Desurmont Woonsocket usines

Riverside Worsted Mill, Fairmount Street, (c. 1907), Industrial family reunites in Woonsocket

Saturday, 11 July 2009, Industrial family reunites in Woonsocket By JOSEPH B. NADEAU

WOONSOCKET — The corner of Florence Drive and Hamlet Avenue has experienced radical change in the past year while becoming a future entry point to the city’s new middle school complex.Construction of the new school buildings just off Hamlet erased most of the old mill complex that occupied the location but there are still plenty of people who remember when the Lepoutre family helped push the city to the height of its success in the New England textile industry. The Lepoutres also remember their role in that city era and decided to hold a family reunion at the Museum of Work and Culture recently while visiting local sites remaining from the family’s role as leading textile manufacturers. “This means a lot to be able to gather the family back where it has its roots, it really does,” Catherine Lepoutre, one of the returning family members said while taking a tour of the Museum. The Museum has displays telling the story of French Canadian farmers making their way south to work in Woonsocket’s mills and how they lived here once they arrived. The Museum also holds information on the city’s ties to France during the world wars with displays such as the Merci Boxcar and the arrival of industrial investors like the Lepoutres. The boxcar, now used for multimedia presentations, was once part of a trainload of French gifts of gratitude for each American state France after the war ended.The Lepoutres did not establish Woonsocket as a major manufacturing center situated on an s-curve of the Blackstone River but they did bring a new look to its industry upon their arrival from France at the turn of the 20th century.
The Lepoutres were initially encouraged to bring their manufacturing operations to the city by Woonsocket resident and Governor of Rhode Island Aram J. Pothier, according to Raymond Bacon, co-curator of the Museum with Ann Conway.
Pothier was a named a U.S. representative to the Paris Exhibition of 1899 and during his visit invited French manufactures to relocate some of their operations to the city as a way to avoid import tariffs they would otherwise pay to do business in the United States, Bacon said. Brothers Louis and Auguste Lepoutre responded with the founding of the Lafayette Worsted Mfg. Co. off Hamlet not long after. The mammoth complex would eventually be split into two companies, the Lafayette Worsted Spinning Co. and the Argonne Spinning Co., Inc. which operated until the textile industry began to move out the city or shutdown in the 1950s.
 The Lafayette mill buildings were converted to other production uses under ACS Industries and Miller Electric in later years and were ultimately leveled by two major fires and the wrecking crane making room for the city’s soon to be finished $80 million middle school project.
 Today only the Layfayette mills office building on Hamlet and the small guard shack up the street remain of the sprawling complex. The new schools rise just three stories compared to old mills’ four and five stories but do hold some architectural features such arches atop some of their windows to recall the history of the district.
 Auguste Lepoutre’s son Jacques Lepoutre also came to Woonsocket to found a textile plant after he completed his service with the French Army during World War I.
 Jacques Lepoutre, a native of Roubaix, France, received the Legion of Honor Medal and many other tributes for his war service. He was wounded by the explosion of a shell in the war but recovered.
 In Woonsocket, he founded the Verdun Mfg. Co. at 413 Manville Road, a textile plant that later became the Ocean State Dye house on Manville Road.
 Above the plant, Jacques constructed the family mansion, a large building dominating the Bernon Heights area and known as a city show piece. The mansion would later become home to the Club Canadien and the Mercy Hospital, the forerunner of Fogarty Hospital in North Smithfield. Today it is part of Mount Vernon Apartments off Roberts Street.
 While used as a home, the mansion had a tunnel running up to Mount St. Charles which allowed the Lepoutre to go to school without having to suffer inclement weather, family members recalled during their visit.
 Monique Lepoutre, 80, a resident of France and the wife of Louis’ son Roger, came to Woonsocket to visit her relatives initially back in 1930s and returned several times over the years.
On her most recent trip she brought along her son, Jerome, and his family to learn of their family’s role in the local textile trade.
“It was very wonderful. We can just imagine what was going on here but it was more than that. It was nice to experience a welcome home from our family members,” Jerome said.
 Monique said her home city is similar in many ways to the faded textile town of Woonsocket. The mills that once made fabric there have also moved away to other countries and the struggle is to find new industries to replace them.
 The family members were given an overview of the Lepoutre contributions to the city’s textile industry by Bernard Fontaine, a former finance employee of the Verdun Mill family business and now a volunteer at the Museum, and also took a tour bus ride see old family properties and other sites in the city.
  The Verdun mill employed more than 300 textile workers at the height of its success and made top-quality worsted materials such as its blue serge used in men’s suits and later a khaki cloth used in military uniforms after the start of World War II. “They were wonderful to work for,” Fontaine said while recalling the busy textile manufacturing business that remained in operation at the site until 1963. The plant’s three shifts did every thing from making and coloring the woolen thread to weaving and finishing the cloth it sent out to customers, he noted.
 Jean-Luc Lepoutre of Salem, Mass., had lived in Woonsocket while his father, Raymond Lepouture, ran one of the mills. To this day he remembers it as a nice place to work and one where people knew each other and their community.
 There was also a sense that an era was ending. “We knew at that time we were not going to be working in textile industry much longer and we were going to have to find something else to do,” he said.
 George C. Lepoutre of Bethel, Conn., had also lived in Woonsocket during those years while his father, George E. Lepoutre worked in the plants. He recalls the three large mills of the Lafayette complex were still be standing when he visited the city several years ago and was surprised by the recent changes.
 “The changes have been very dramatic,” he said of the demolition project that cleared the site for new schools.
 Catherine, who toured the sites with her sons, Richard and Clement, said it was sad to see the change from the old industrial use but also good to know the area would be put to a new use.
 “I think we have to think of the general of today. The children are the future of the United States and they have to get a good education,” she said.
  Richard Lepoutre of Old Saybrook, Conn., can still remember of the smell of wet wool from when he would enter his grandfather’s old textile plant as boy and cherishes the family history he has learned over the years. His grandfather, Jacques, had joined the army two years before the start of World War I and had been proud of his service later in life.
 “I still have my grandfather’s Kepis helmet from World War I and his ornamental sword,” he said. “He survived the Battle of Verdun and that’s why he named his plant here the Verdun mill,” Richard Lepoutre said.

http://www.woonsocketcall.com/content/view/94818/1/

Les Thiriez

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fut la 1ère société en France à fabriquer les fils pour machine à coudre et dépose un brevet pour une machine à glacer les cotons fins inventée par un THIRIEZ, avec sa femme, dans leur cuisine, à partir d'une sauce permettant de glacer le fil de lin. La machine à vapeur a une puissance de 1.000 chevaux-vapeur. L’ usine d'Esquermes s'étend progressivement sur 6 hectares, en partie sur l’ ancienne ferme Plattel. Des bâtiments de 4 étages et 12 m de large s'étendent sur 142 m route de Béthune et 46 m rue de l’ Epinette. Les cotons sont achetés aux Etats-Unis à Andrew Law & Co, à Savannah. Le transport pouvait prendre 5 mois. 1863 : visite de l’ Empereur  Napoléon III aux ateliers d'Esquermes. L’ usine de Parvomaï employait 150 personnes. En 1922, DMC est cotée à la bourse de Paris. En 1961, elle fusionne avec la société lilloise Thiriez et Cartier-Bresson. L’ entreprise mulhousienne garde sa raison sociale mais remplace son logo, une cloche, par celui de Thiriez, une tête de cheval. Dans les années 1960, le groupe va compter jusqu'à 30 000 salariés. Xavier Thiriez fonde en Colombie, en association avec la famille  Médina, la filiale Satexo (Compania Textil  Colombania SA), avec une usine de fil  à coudre à Itagui (Médellin) et un réseau de six dépôts régionaux. SATEXO, avec Léon Thiriez, développe ses activités industrielles en amont et en aval. 20 ans plus tard, la société comprendra 1400 personnes et 30.000 broches, avant la crise du textile Colombien des années 1980. Dans les années 1960, Xavier Thiriez développera ses ventes au Panama et au Salvador.

Ce sera la seule implantation de TCB à l’ étranger.

Les Desurmont
Jules Desurmont  and Eugene Bonte, The next of the French industrialist to set up operation in Woonsocket was Jules Desurmont. Desurmont founded Jules Desurmont Worsted Company, later Riverside Worsted Company, in 1907. Like the Lafayette Worsted and the French Worsted, the corporate headquarters remained in France and Desurmont speut little time in Woonsocket. The company built a massive mill at 84 Fairmount Street, across the street from the Alice MIl l. Built  of concrete with a brick veneer, the building was virtually fire proof. Desurmont Worsted spun yarn using the french process" and employed 350 people in 1910. The company was reorganized in 1935 and its name was changed to Riverside Worsted Company. It was still owned and controlled by Jules Desurmont et Fils of France.

Les Flipo

Jean François Flipo 1792- 1867, filateur , Conseiller général, fondateur de la fortune de la famille qui créera pendant  140 ans des milliers et des milliers d’emplois; crée sa filature, utilise une des toutes premières machines à vapeur, délaisse le négoce de son père pour une filature, s’installe dans une grande maison au 99, rue de Tournai à Tourcoing,  épouse Adélaïde Cécile  Holbecq,-1803-1892). Les  Charles Julien Flipo, (1859 Tourcoing  1928, Tourcoing), filateur de coton époux 1883 avec Marie Sophie Prouvost. Dès 1882, il  prend à 23 ans la succession de sa grand-mère Holbec chez Flipo Fil s ainé (ses deux frères Romain et Joseph, créeront rue du Touquet à Tourcoing la filature de laine Flipo frères ; il  préfèrera céder toutes ses parts à ses cousins et créera avec son frère François une autre fil ature en 1892 ; en 1912, elle comptait 500 ouvriers ; peu avant la première guerre mondiale, son enteprise était équipée de 62.000 broches à filer et 20.000 à retordre.

A l’apogée du système, les entreprise de peignage de la laine de la circonscription produisaient 85% de la production française de laine peignée ; les étoffes vont porter la réputation de la région dans le monde entier pour ses étoffes de luxe et de pure laine peignée.

Les Wibaux

Désiré Hippolyte Wibaux 1787-1848, épouse en 1811 Félicité Hyacinthe Florin 1790-1847: « Industriel, il  avait considérablement amélioré les techniques de filature et deux ans avant sa mort, il  inaugurait rue Saint-Antoine, une immense usine qui employa  jusque 1.200 ouvriers en 1910, qui était dotée d'une salle d'allaitement, qui fut par la suite intégrée à l’ empire Lepoutre avant de devenir l’ hôtel d'entreprises familier de tous les habitants de la Fosse aux Chênes. Désiré Wibaux possédait également un hôtel particulier au Fontenoy que ses descendants léguèrent à la Ville et dont l’ emprise est aujourd'hui le parc de Cassel. Un de leurs fils , Théodore Louis Wibaux participa à l’ évangélisation de la Cochinchine et construisit le Grand Séminaire de Saïgon. Il  est enterré depuis 1878 à Saïgon. Son neveu Théodore Wibaux, le fils de Willebaud Wibaux-Motte, fut zouave pontifical et jésuite.

Pierre Achille Valéry Wibaux né le 12 janvier 1858 à Roubaix décède le 21 mars 1913 à Chicago Fondateur de Wibaux city dans le Montana, éleveur de 50.000 têtes de bétail, ami du futur président Roosevelt son voisin, président de deux banques fédérales des USAs. le 13 mars 1884 à Douvres épouse Mary Ellen Augustine Cécile Cooper

10-2-2-1 dont un fils Cyril Wibaux né à Glendive le 23 septembre 1885 meurt vers 1920 sans descendant.

Wibaux-Pierre 

Éleveur de bétail aux USA, fondateur à Miles City de la State National Bank, né en 1858 – Roubaix et décédé en 1913 - Chicago (USA) : on était 12 miles au nord de la ville de Wibaux et là il s'est étendu 60,000 tête de bétail. Après un début échoué, son bétail s'est finalement étendu sur la terre de 1883 à 1886. Après sa mort en 1913, homesteaders coupe (diminution) dans ses tenues de terre et champs (domaines) de blé énormes établis et agriculture(élevage) déplacée en avance d'élevage de bétail.

Il y a une statue de neuf pieds consacrée à lui à son gravesite.

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Photos Ferdinand Cortyl

Les Lestienne 

Firmin Lestienne, fils de Voldemar, cousin germain de Pierre-Amédée Lestienne-Prouvost, fut président Fondateur de La Licorne en 1907, administrateur de la Compagnie des Mines de Campagne, a eu une usine de coton dans le Nord de France ; il racheta l’usine  CORRE;  une bombe atteint l'usine le 31 décembre 1943.

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N0.14 Firmin Lestienne sur Corre-La Licorne

Il a fait travailler  ses deux fils :  Robert ; et Waldemar qui aurait été ingénieur aux études chez Corre, puis fondateur de La Licorne (avec son père) en 1907, Membre du Conseil d'Administration de La Licorne à partir de 1907, également Président du Conseil d'Administration de la Compagnie des Verreries et Manufacture de Glace d'Aniche ; Directeur de la Compagnie des Mines d'Aniche, Censeur à la Banque de France. CORRE & LA LICORNE auront réalisé 187 modèles différents, et produit un peu plus de 38.000 véhicules de 1901 à 1949. http://www.la-licorne.de  http://corre-lalicorne.com/FR%20Corre-La%20Licorne.html#France

L’ Exposition Internationale de Roubaix du 30 avril au 6 novembre 1911

Expo-1911-Roubaix

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L’ Exposition Internationale du Nord de la France s'est déroulée à Roubaix du 30 avril  au 6 novembre 1911. Pendant  six mois, dans le Parc de Barbieux, Roubaix  vivra au rythme de son exposition visitée par deux millions de personnes. L’ historien Philippe Waret raconte.

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Eugène Motte et François Roussel.

Eugène Mathon, Florent Carissimo et Albert Prouvost.

Edouard Roussel, Félix Chatteleyn et Gilbert Sayet.


Le 30 avril 1911, après avoir inauguré l’hôtel de ville, et après un banquet dans les locaux de la chambre de commerce, le ministre du Commerce, M. Massé, s’en va visiter l’exposition. Le voici à son arrivée sur les lieux accueilli par Eugène Motte, maire de Roubaix

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L’architecte Victor Laloux ici portraituré par le peintre Louis Adolphe DESCHENAUX dit DÉCHENAUD, mena à bien la construction de l’hôtel de ville et conçut les plans de l’exposition internationale de Roubaix.

« Victor-Alexandre-Frédéric Laloux (Tours, 15 novembre 1850 - Paris, 13 juillet 1937) est un architecte français.

Il est l'élève de Louis-Jules André à l'École des Beaux-Arts de Paris à partir de 1869. Ses études sont interrompues par la guerre franco-prussienne de 1870. Il remporte le premier grand prix de Rome en 1878. Le sujet de l'épreuve finale s'intitule « Une église cathédrale ».

Le jeune lauréat devient pensionnaire de l'Académie de France à Rome, de janvier 1879 au 31 décembre 1882. Son envoi de quatrième année sur Olympie lui valut une médaille d'honneur au Salon de 18851.

Bras droit, puis élu successeur d'André, à la mort de ce dernier en 1890, il mène à son tour de nombreux élèves au grand prix. Il est élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1909. Comme praticien et professeur, Laloux devient l'un des représentants les plus marquants de l'académisme triomphant de la Belle Époque. Il participe à de nombreux jurys officiels et préside plusieurs sociétés d'architectes et d'artistes (par exemple Société des artistes français ou la Fondation Taylor). Il conserve la direction de son atelier jusqu'en 1936, date à laquelle il passe le flambeau à son élève et ami Charles Lemaresquier.

Fervent utilisateur du métal, il choisit prudemment de le dissimuler derrière des façades de pierre à l'ordonnancement classique, à l'instar de ses contemporains Henri Deglane, Albert Louvet et Albert-Félix-Théophile Thomas pour le Grand Palais. Il réalise ainsi :

    Les hôtels de ville de Roubaix et Tours.

La basilique Saint-Martin à Tours.

Les gares de Tours et d'Orsay (1900) à Paris (actuel musée d'Orsay).

Le siège central du Crédit lyonnais, à Paris, entre le boulevard des Italiens et la rue du Quatre-Septembre.

L'ambassade des États-Unis, avenue Gabriel à Paris, en collaboration avec l'architecte américain William Delano.

Villa des bambous, 65 boulevard de la Croisette à Cannes vers 1888 (détruite)

Monument aux morts, jardin du Plateau des poètes à Béziers en 19253

Pour le décor de ces bâtiments, il fit appel à différents sculpteurs et peintres tels que Henri Martin, Jean-Paul Laurens, Fernand Cormon, Pierre Fritel etc » Wikipedia

 

Le 26 février 1909, le maire Eugène Motte 

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soumet en conseil  municipal un projet d'exposition, dans le genre de celles d'Arras, Tourcoing, Bordeaux, sous le patronage de la Ville de Roubaix, de la Chambre de Commerce, et sous l’ égide du gouvernement français. Ce sera une Exposition textile et industrielle, mais elle célébrera également les oeuvres sociales, les beaux arts... L’ opposition réagit : « Qu'en est-Il  du projet de Lille ? Quel sera l’ emplacement de l’ exposition ? Les commerçants roubaisiens en profiteront-Ils ? » Eugène Motte répond  que Lille a accepté de s'effacer en bonne camarade, et que l’ emplacement fera l’ objet d'une étude. Après quelques débats vigoureux, le principe de l’ exposition est adopté à l’ unanimité, fait rare dans les délibérations municipales de l’ époque.

Le 19 mars 1909, Gilbert Sayet présente l’ avancement du projet. L’ Exposition se déroulera dans le cadre du parc de Barbieux, bien desservi par les tramways.

Le programme prévoit quatorze groupes d'exposants, des attractions, des fêtes et des congrès, qui auront des répercussions sur le commerce local.

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Contre-proposition

La minorité collectiviste fait une contre-proposition avec les terrains de Maufait, avec un éloge appuyé de la rue de Lannoy et de ses commerces.

Cette proposition est rejetée. Pour Eugène Motte, le premier objectif à atteindre c'est la réussite de l’ Exposition. « Quand la réputation de l’ Exposition sera bien assise, vous pouvez être certains (...) que tout le commerce roubaisien en tirera grand profit », déclare-t-Il .

Jean Lebas pose alors la question du budget, on lui répond que le bénéfice n'est pas le but de l’ exposition, ce serait un excellent résultat que d'équilibrer dépenses  et recettes. Eugène Motte surenchérit : « les Expositions ne sont pas des entreprises classiques, c'est l’ inconnu, c'est un peu le jeu du tirlibibi, ou comme pour la pêche à la ligne, on ne peut avoir une certitude absolue du succès. » Le projet est adopté à l’ unanimité, sauf sur la question de l’ emplacement, qui fait l’ objet de l’ abstention de la minorité.

Le 4 mai 1909, un comité d'initiative est constitué : le Président est Eugène Mathon, beau-frère d'Eugène Motte, et ce comité regroupe la majorité des grands noms du textile roubaisien. Un directeur général d'expérience est nommé : Il  s'agit d'E.O Lamy qui a déjà travaillé pour les expositions internationales d'Arras et de Tourcoing. Le 27 mai 1909, une délégation roubaisienne se rend à Paris, et elle obtient l’ appui du gouvernement. Le mois précédent, une présentation du projet a été applaudie lors du banquet annuel de la chambre syndicale des tissus et nouveautés de France. Le 1er septembre, les Chambres de Commerce de Paris, Lyon, Marseille , Rouen, Bordeaux, Reims, Orléans apportent leur soutien aux roubaisiens. Le 29 octobre, MM. Motte, Mathon et Lamy sont à Bruxelles pour solliciter la participation belge. Le 11 novembre, les voici à Paris, en visite chez les personnalités du commerce de l’ industrie et des syndicats parisiens. Le 25 janvier 1910, Eugène Mathon informe la presse que « la surface prévue a déjà augmenté, qu'il  y aura des pavillons coloniaux, un parc d'attractions, un grand palais textile de 14.000 m²... » Le 3 avril 1910, Eugène Motte planche avec succès devant l’ union des syndicats patronaux textile s à Paris. Il semble bien que l’ Exposition internationale de Roubaix fasse l’ unanimité. Petit bémol, le 1er octobre 1910, le maire de Roubaix n'obtient du Conseil  Général que la moitié de la subvention attendue. Mais cela n'altère pas l’ avancement du projet. »

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Chroniques: Soutiens et comités

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Eugène Mathon

« Le 4 mai 1909, c’est donc décidé, l’ Exposition sera implantée dans le cadre du parc de Barbieux, auquel on ajoutera huit hectares de location. Un comité d’initiative de quatorze membres est alors constitué. On y trouve des hommes de compétence : le président du tribunal de commerce Eugène Mathon, les industriels Florent Carissimo, Albert Prouvost, Georges Motte, César Pollet, les adjoints Roussel, Chatteleyn et Sayet, le président du syndicat des fabricants Joseph Wibaux, le directeur de l’ union des teinturiers Gaucher, le constructeur Louis Delattre, l’ entrepreneur Henry Glorieux et l’ ingénieur Vandamme-Carissimo. On se trouve là en famille. Soit par les liens de famille, Eugène Mathon est le beau-frère d’Eugène Motte, Georges Motte-Delattre son cousin. Les liens du textile et de l’ industrie, Florent Carissimo, Albert Prouvost, César Pollet sont les grands noms du textile roubaisien, sans oublier l’ appartenance politique, les compagnons de l’ Union Sociale et Patriotique, Roussel, Chatteleyn et Sayet.

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E O Lamy

Un directeur général d’expérience est nommé : Il  s’agit d’E.O Lamy qui a déjà travaillé pour les expositions internationales d’Arras et de Tourcoing. Parallèlement, il  s’agit aussi d’aller solliciter des soutiens et des engagements. Le 27 mai 1909, une délégation de la municipalité de Roubaix se rend à Paris. Elle est présentée par le sénateur du Nord Trystam au ministre du commerce M. Cruppi. Ce dernier promet l’ appui et le concours du gouvernement. Le mois précédent à Paris, dans les salons Marguery, une présentation de l’ équipe des organisateurs de l’ exposition de 1911 a été applaudie lors du banquet annuel de la chambre syndicale des tissus et nouveautés de France.

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« Le restaurant du grand chef Jean-Nicolas Marguery fut, jusqu'à la mort de son créateur en 1910, l'épicentre de la vie parlementaire et mondaine parisienne. Outre ses deux vérandas sur le boulevard, il disposait d'une entrée discrète sur la rue d'Hauteville. Des salles égyptiennes, flamandes, gothiques ou mauresques voyaient se croiser des députés, des sociétés savantes et des mondaines dans une ambiance joyeuse. Certains de ces salons existent encore; on ne peut, hélas, pas les voir car ils sont occupés par une banque. »

 

Le 22 juillet 1909 est institué par arrêté municipal un comité consultatif pour l’ exposition, dont la mission est d’étudier les questions soumises par le comité d’initiative et le commissariat général. Le recrutement est ciblé : le Président est Henry Ternynck, qui est le Président de la société industrielle de Roubaix. Il  est assisté par cinq vice-présidents, eux-mêmes présidents de chambres de commerce. Les membres de ce comité sont des professionnels, présidents de syndicats industriels, commerçants, professions libérales. On cite également Georges Lehoucq, ancien adjoint au maire, mais inspecteur de l’ enseignement technique.

En août 1909, le Journal de Francfort fait une présentation assez documentée des préparatifs de l’exposition, rappelle les relations suivies entre Mulhouse et Lille Roubaix Tourcoing, annonce la participation allemande, et se place en concurrence directe avec l’ industrie exportatrice anglaise.

Le 1er septembre, les Chambres de Commerce de Paris, Lyon, Marseille , Rouen, Bordeaux, Reims, Orléans apportent leur soutien aux Roubaisiens. Le même mois, le ministère des affaires étrangères apporte son soutien au projet, et prend les dispositions concernant les agréments diplomatiques pour les participants étrangers.

Le 29 octobre, MM. Motte, Mathon et Lamy sont à Bruxelles pour solliciter la participation belge auprès de M. Hubert ministre du travail et de l’ industrie.

 Le 11 novembre, les voici à Paris, en visite chez les personnalités du commerce de l’ industrie et des syndicats parisiens. Lors du déjeuner à l’ hôtel Continental, Eugène Motte laisse parler son lyrisme habituel : nous sommes de bonne race, des purs sangs et nous fournirons bon parcours en portant vos couleurs, nos couleurs. Puis présentant Roubaix : ville unique, où tous travaillent dès l’ âge légal, jusqu’à la tombe, où chaque réfractaire est montré du doigt comme frappé de la lèpre, (..) où la concurrence loyale et excitant pique de son aiguillon les flancs d’une jeunesse jusque là intrépide, où les carrières libérales sont quasi inconnues ou d’importation, où nul ne jette un œil  d’envie ou de concupiscence sur le fonctionnarisme, où par surcroît chacun s’accommode de familles nombreuses, parce que chaque nouveau venu est considéré pour l’ avenir comme un capital en bourgeon, bientôt en fleurs, et en rameaux ombragés, où viendront s’abriter des générations laborieuses d’artisans, trouvant emploi de leurs bras, leur unique capital, et parce que ces nouveaux venus sont de plus dans le présent pour les parents, ferments nouveaux d’énergie et d’entreprises plus vastes.

Puis évoquant l’ Exposition : nous voulons mettre sous les yeux des artisans de ce merveilleux essor, une vaste leçon de choses, que balbutiera la jeunesse ouvrière, que lira avec ardeur la puissante démocratie en action dans nos centres , et qui soit pour les vieux artisans, occasion de fierté, car ils ont été eux aussi les collaborateurs de cette grande œuvre. Ce n’est pas une simple exposition textile (…) c’eût été trop spécial, non nous convions toutes les forces vives de l’ énergie de la région pour former la synthèse de nos merveilleux arrondissements : métallurgie, houillères, fabriques de sucre, distilleries, produits chimiques, amidonneries, sections d’électricité, constructions navales, machines à vapeur, électricité, automobiles, alimentation, et tant d’autres , que j’oublie, car je ne puis réciter les litanies de l’ activité humaine.

Il  annonce une façade de 500 mètres  –la future avenue des Palais- et 20.000 mètres carrés déjà adjugés à la location. Les remerciements de son début d’allocution permettent de savoir où en sont les démarches : à Jean Dupuy, ministre du commerce, qui poursuit l’ engagement de son prédécesseur Cruppi, aux sénateurs et députés du Nord présents et au Préfet du Nord, M. Vincent, représentant de l’ Etat et de la république, qui soutiennent le projet. Motte remercie également Emile  Dupont, Président du comité français des expositions à l’étranger, les représentants de la république argentine, M. Saint Germain sénateur d’Oran, garants de la participation internationale et coloniale, les représentants des chambres de commerce déjà citées sans oublier la presse. Il  poursuit son intervention en faisant appel à la participation parisienne : apportez nous votre contingent de grâce, de lumière, d’harmonie, de justes proportions en toutes choses….et il  termine sur un grand couplet patriotique sur la France, notre alma mater.

Le 25 janvier 1910, il  est procédé à l’ installation officielle du comité consultatif, subdivisé en comités par groupes et par classes. Eugène Mathon fait une communication à la presse sous la forme d’une première description de l’ exposition, indiquant que la surface prévue a déjà augmenté, qu’il  y aura des pavillons coloniaux, un parc d’attractions, un grand palais textile de 14.000 m². Le 3 février 1910, est publiée la longue liste des personnalités qui formeront le comité d’honneur. Il  y a bien entendu le Préfet Vincent, le maire Eugène Motte, le sénateur Trystam, l’ abbé Lemire, mais aussi des représentants des grandes sociétés Agache, Kuhlmann, Compagnie Suez, Union textile de France, des consuls et des présidents de sociétés. On y trouve aussi les adjoints et les conseillers municipaux. Le 3 avril 1910, Eugène Motte planche avec le même succès devant l’ union des syndicats patronaux textiles à Paris. Il semble bien que l’ Exposition internationale de Roubaix fasse l’unanimité.

Petit bémol, le 1er octobre 1910, le maire de Roubaix n’obtient que 25.000 francs au lieu des 50.000 attendus au Conseil   Général. Mais cela n’altère pas l’ avancement du projet. L’ heure des chantiers est à présent venue. »

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Edouard Joseph Prouvost, fils d’Amédée I Prouvost et Joséphine Yon, Chevalier Légion d’honneur le 15/05/1910, propriétaire agricole en Tunisie,  né en 1861, décédé en 1933 (72 ans), marié avec Pauline Elisa Fauchille , née le 26 juin 1865, Lille , décédée le 13 octobre 1954, Paris (89 ans) ; il était le cousin germain de Charles Prouvost-Scrépel.

«  Je vous ai dit la grande amitié qui unissait les trois frères Amédée, Albert, Edouard Prouvost. Je voudrais souligner surtout celle qui liait étroitement mon père et mon oncle Edouard. Assis l’ un en face de l’ autre dans le même bureau, ils échangeaient à tout instant non seulement leurs points de vue sur les affaires, mais leurs pensée s intimes. Cette communauté de mutuelle et chaude affection entre les deux frères a eu un prolongement naturel entre leurs enfants.

Le cadre de vie était la Tunisie, M’Rira, Estaimbourg, Pecq, le Molinel, Pétrieux, Pampelone, les Charmettes.

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Édouard Prouvost, commissaire général des colonies de l’ Exposition,

croqué par la presse avec l’ ensemble de son œuvre. (Extrait de la vie flamande)

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La Porte Monumentale se situe au débouché du boulevard de Paris à l’ entrée principale du parc de Barbieux. Elle est constituée par une grille de fer forgé de style Louis XVI de seize mètres  de haut et par un portique où sont installés les guichets d’entrée. Juste derrière cette porte démarre la partie coloniale de l’ Exposition.

De style mauresque, le palais du ministère des colonies est consacré à la présentation générale des colonies : dioramas, affiches, graphiques, documentation sont proposés aux visiteurs par l’ Office Colonial.

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Le palais de l’ Afrique Occidentale française est une construction soudanaise en pisé, dont le vaste hall présente les produits agricoles, les matières premières et les produits de l’ industrie extractive des pays de l’ Afrique Noire. Un diaporama reproduit les scènes de la vie africaine.

L’ Afrique Occidentale française est composée du Haut Sénégal, du Niger, de la Guinée française, de la Côte d’Ivoire, du Dahomey et d’une partie de la Mauritanie. Une exposition présente les arts et coutumes des différentes tribus de ces pays.

Le palais de l’ Algérie et de la Tunisie est composé de deux parties reliées par une galerie.  La partie algérienne présente des produits d’exportation (liège, vins, céréales, huiles). Le visiteur peut y admirer de magnifiques panoramas du pays : Alger, Biskra et Ghardaïa…

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La partie tunisienne propose des produits agricoles et des échantillons des minerais de son sol (fer, plomb, calamite, galène).

On y voit des vues de la propriété proche de Tunis de M. Édouard Prouvost, commissaire général des colonies françaises à l’ Exposition.

Le pavillon de Madagascar qui n’a rien de typique avec son mirador original, présente beaucoup d’objets de fabrication indigène (armes locales, sagaies, bijoux, broderies), et des produits agricoles (céréales, cacao, manioc, vanille, café, tabac). On peut y admirer des vues de Madagascar.

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Le pavillon de l’ Indochine française représente une pagode entourée de colonnes soutenant un toit de tuiles roses garni aux angles de cornes de buffle et de flammes.

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L’ intérieur du pavillon de l’ Indochine française est un véritable petit musée: meubles incrustés de nacre, bois sculptés, panneaux, tableaux, soieries, bijoux, d’un incomparable cachet artistique.

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 Le pavillon de la presse coloniale réunit tous les ouvrages utiles aux coloniaux, aux importateurs et aux exportateurs.

 Le peintre Ernest Prouvost :

Petit fil s d’ Henri Prouvost-Defrenne,  1783-1850, fils de Liévin et Alphonsine Gruart, il  appartient donc à la branche puinée des Prouvost et est cousin germain d’Amédée II, Edouard, Albert I, Charles I Prouvost.

Le jeudi 5 août 1909, la presse annonce que le comité d’initiative de l’ Exposition va lancer un concours d’affiches avec primes, ouvert à tous les artistes de la région du Nord. Il  définit un règlement dont voici les articles sous forme de synthèse. Il s’agit donc de produire une affiche illustrée destinée à l’ Exposition internationale du nord de la France qui aura lieu à Roubaix en 1911. Le format exigé est celui des affiches de gare soit 0,88 de hauteur sur 0,66 de largeur. Toute liberté est laissée aux créateurs, néanmoins l’ affiche devra être visible à distance, et d’une forte et expressive simplicité. Elle devra également contenir l’ inscription Exposition Internationale du Nord de la France Roubaix 1911, comporter six couleurs au maximum, non compris le noir. Les projets seront déposés au bureau de l’ exposition (palais de la chambre de commerce à Roubaix) le 15 septembre 1909 avant cinq heures du soir, accompagnés d’un pli cacheté contenant le nom de l’ auteur, et extérieurement un signe ou une devise reproduit sur le dessin. Une exposition publique des projets aura lieu dans un lieu qui reste à déterminer. Le jury choisira trois œuvres auxquelles seront attribuées les primes suivantes : 200 francs au premier, 125 francs au second, 75 francs au troisième. Les projets resteront la propriété de l’ exposition, qui en disposera comme elle l’ entend : cinquante cinq projets d’affiches seront présentés. Le jury se met au travail. Il  est composé d’Eugène Mathon, Victor Champier, des artistes peintres  Rémy Cogghe et Ernest Prouvost, de l’ architecte Thibeau, des amateurs d’arts MM Devillers, Ferlié, et Amédée Prouvost. On apprend que l’ exposition des affiches se déroulera dans la cour d’honneur de l’ Ecole des arts industriels à partir du jeudi 14 octobre jusqu’au dimanche 17. »

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le tryptique d'Ernest Prouvost (photo Alain Leprince musée de Roubaix)

L’ Exposition Internationale du Nord de la France s'est déroulée à Roubaix du 30 avril au 6 novembre 1911. Pendant  six mois, dans le Parc de Barbieux, Roubaix vivra au rythme de son exposition visitée par deux millions de personnes. L’ historien Philippe Waret raconte...

En partant de l’ avenue des attractions, l’ avenue des Palais commence avec à gauche le palais des industries. La section italienne se trouve au coeur de ce palais, avec les chefs-d'oeuvre de verrerie de Venise, les bronzes d'art de Naples, les marbres de carrare de Florence. Elle présente les productions italiennes, sans oublier l’ alimentation, avec les vins, les fromages et bien entendu, les pâtes... Suit un stand consacré à l’ imprimerie et à la photographie, où sont présentées deux innovations, le dictaphone et la pointeuse automatique.

L’ aéroplane de Louis Bréguet survole les automobiles, motocyclettes, bicyclettes, pneumatiques, et autres  accessoires. Le Touring club de France propose le guide des syndicats d'initiative, et des renseignements sur les compagnies de chemin de fer !

Le Palais de la Belgique accueille les visiteurs dans un salon luxueux en présence des bustes des souverains belges. De nombreuses vitrines contiennent les produits textile s du pays, en particulier Gand, Verviers et Courtrai. Voici maintenant le Grand Palais, avec sa galerie d'honneur, et les créations prestigieuses de la manufacture de Sèvres. La galerie mène à un salon des arts réalisé par Victor Champier et ses élèves de l’ ENAI, puis à la scène des réceptions officielles. L’ aile droite comprend une série de salons, avec des expositions, des tableaux et des maquettes. L’ industrie parisienne y tient une grande place. L’ aile gauche se subdivise en cinq salons successifs : l’ industrie régionale du tapis et les tapis d'orient. Les trois derniers sont consacrés aux tissus de Roubaix. La fameuse charte des drapiers est en bonne place. La visite se termine avec les dioramas sur les différentes phases de traitement de la laine. Le palais de la chambre de commerce vient ensuite, avec dans le hall central, une allégorie des sciences sous forme de frise. Un rappel historique, Pierre de Roubaix et la Charte autorisant Roubaix à faire draps de toutes pièces, des tableaux à la gloire du progrès et de Roubaix.

La visite se poursuit avec le palais des machines qui ressemble à une immense usine où l’ on a regroupé d'innombrables métiers et appareils pour le peignage, le tissage, les apprêts, la teinturerie.

Le Pavillon hollandais présente les aspects industriels, commerciaux, artistiques et historiques du pays. Un salon de lecture, un bureau de renseignements sont à la disposition des visiteurs. Le pavillon de l’ Australie offre des dioramas simultanés qui montrent ses productions du sol (vins, céréales) comme du sous sol (or), mais surtout ses célèbres mérinos appréciés par les entreprises roubaisiennes.Voici à présent le Palais des mines et de la métallurgie, où l’ on peut voir tous les appareIls d'extraction et la gamme des produits houillers et la production métallurgique (forges, fonderies). Un véritable puits de mine en fonctionnement est le clou du palais, avec treuil, galeries et de véritables mineurs ! Ensuite, le pavillon de la Nouvelle-Zélande présente ses productions agricoles et d'élevage, dont les laines de moutons, importées à Roubaix.

A l’ autre bout de l’ avenue, le musée pontifical a trouvé place dans la tourelle en forme de poivrière du Palais de l’ économie sociale. Il  présente une reconstitution du défilé papal en costumes et un diorama sur la Basilique Saint-Pierre de Rome. A deux pas de là, le petit pavillon circulaire du Chili est au centre du village flamand.

Enfin, le magnifique Palais de l’ Argentine se trouve au bord de l’ étang du parc de Barbieux. L’ agencement est très moderne : une salle de conférence avec cinématographe au rez-de-chaussée, éclairage électrique le soir. L’ Argentine y présente toutes ses productions et ses laines. Le nombre d'exposants, la diversité des produits font de cette exposition internationale un véritable catalogue de l’ innovation et du progrès technique et industriel.

En 1911, Roubaix n’a pas voulu que les Arts soient oubliés dans son Exposition internationale. Il  y aura donc une exposition d’art rétrospectif, dont sera chargé Victor Champier, qui la pensera, la montera de A jusqu’à Z. Il  a comme idée de montrer l’ évolution de l’ art dans la partie des Flandres soumise à l’ influence française par les conquêtes de Louis XIV, de la fin du XVII e et pendant  tout le XVIII e siècle. Son argument est historique : l’ incorporation des villes comme Lille, Cambrai, Arras, Saint Omer ou Valenciennes à la France, se manifeste par un changement d‘orientation artistique. Quantité de monuments s’élèvent, hôtels ou châteaux dans le style français, des fabriques de tapisserie, et de céramique se créent, les arts du meuble, de la ferronnerie, de la dentelle se développent, des peintres  et des sculpteurs locaux accèdent à la notoriété. Il  va donc chercher à recomposer un inventaire d’objets d’arts significatif de cette évolution. Cette exposition fournira une très originale contribution à l’ étude de la période. Un appel est lancé aux collectionneurs, aux amis fervents de l’ histoire et de l’ art, aux municipalités des villes. Un exemple de ses démarches : le 24 mars, il  écrit au Préfet pour obtenir le prêt d’objets d’un intérêt capital pour l’ exposition rétrospective. Deux tapisseries lilloise de 1703, un banc en bois daté de 1654, et une horloge qu’il  est allé lui-même repérer à l’ hôpital St Sauveur de Lille. Il  en profite pour demander au une peudule Louis XIV genre « Boulle » en écaille rouge et cuivres signée Vandersteen qu’on lui a signalé dans le bureau même du Préfet. Et il  joint un formulaire pour l’ assurance.

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Son opiniâtreté et son efficacité lui permettront de réunir un nombre considérable d’objets, auprès des municipalités, des collectionneurs et des amateurs d’art. Le 27 mai, on annonce que l’ exposition rétrospective est installée dans la salle des fêtes de la rue de l’ hospice, dite annexe de l’ Exposition. Un prix d’abonnement est proposé de 20 francs par personne pour toute la durée de l’ exposition, réduit à cinq francs si on est déjà abonné à l’ Exposition internationale. L’ inauguration se déroule le 9 juin à trois heures de l’ après midi. Cependant M. Dujardin-Beaumetz, Sous Secrétaire d’Etat aux beaux arts étant retenu par le deuil  gouvernemental. c’est Eugène Motte qui inaugurera en présence des sénateurs et députés du nord et des maires de Lille, Dunkerque, Douai, Valenciennes Cambrai, Arras.

Champier prend la parole le premier pour marquer l’ importance des arts dans une ville telle que Roubaix, remercier le maire de lui avoir confié l’ organisation, rendre hommage à la société artistique qui a renoncé à faire son exposition d’art contemporain cette année. Il  retrace les phases successives de la préparation, les soutiens, les appuis..Il  conclut en ces termes : faire connaître à la foule nos vieilles provinces leurs traditions et leur gloire d’autrefois, n’est ce pas honorer la France et la faire aimer davantage ?

A son tour, Eugène Motte prend la parole, regrette le deuil  gouvernemental, et associe aux remerciements Madame Champier. Il  dit : cette exposition mérite plus que des éloges, elle est un acte de foi en l’ idéal, elle est une occasion de ravissement. Puis il  fait l’ éloge de Champier et déclare l’ exposition rétrospective ouverte.

 
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 L’ exposition est divisée en deux parties : la première est composée de salons de réception évoquant l’ hôtel somptueux d’un gouverneur de Lille à la fin du XVIIIe. On y trouve des boiseries anciennes, meubles, tableaux, costumes, étoffes, bibelots du milieu du règne de Louis XIV jusqu’à la fin de celui de Louis XVI.

La seconde partie est spécialement consacrée à l’archéologie régionale et aux arts somptuaires particuliers aux Flandres françaises. Chaque ville dispose de salons où sont réunis des objets d’art et des souvenirs historiques, iconographies, des productions des fabriques locales…

L’ exposition rétrospective fonctionne à partir du 11 juin, elle est ouverte tous les jours de 9 heures à 19 heures, et l’ entrée est de 1 franc, sauf le vendredi 2 francs. Les tickets de l’ Exposition concèdent le droit d’entrée à l’ exposition rétrospective avec une réduction de 50%.


Il  faudra d’autres  annexes de l’ Exposition pour les Arts. Le salon d’art moderne se tiendra à l’ hôtel de ville de Roubaix, où il  utilise les deux salles du rez de chaussée pour accueillir d’un côté le 39e salon de l’ œuvre des artistes de Liège et de l’ autre une sélection d’œuvres d’artistes français, parmi lequels Carolus Duran, Cogghe, Paul Steck, Lucien Jonas. Le maire Eugène Motte entouré de ses adjoints, inaugure lui-même ce salon.

Puis en juillet, Victor Champier consacre une exposition au peintre Pharaon de Winter à l’ ENAI. Cet ancien élève des écoles des Beaux arts de Lille et de Paris, est un portraitiste de talent. En 1889, il  obtient une médaille de bronze à l’ Exposition universelle de Paris. Selon le journal L’ Echo du Nord, il  exposera à Roubaix des portraits et compositions de type religieux.

Un splendide album de cent planches hors texte sera consacré à l’ exposition rétrospective de Roubaix, comprenant les gravures des œuvres les plus importantes des collectionneurs du nord de la France, avec un texte historique sur l’ art dans les Flandres au XVIIe et XVIIIe de Victor Champier. Une souscription est lancée au prix de 50 francs, par l’ administration du Nord illustré, au 12 rue Esquermoise à Lille.

Jusque dans les années 1960, le textile se maintint à un niveau international. « l’ académicien Maurice Schumann constate : Albert Prouvost « avait une vision planétaire de l’ économie ; il  avait compris que l’ avenir du Nord était indissociable de celui du monde en pleine métamorphosé; il  n'était dépaysé nulle part; mais, qu'il  fut en Afrique du Sud ou en Amérique du Nord, il  pensait aux chances nouvelles que donneraient un jour à Roubaix le courant des échanges futurs, l’essor des techniques de pointe, le développement et la diversification des moyens de communication. »

La foi catholique dans le monde et les roubaisiens:

Issus d'une tradition catholique que fixa la Contre-Réforme, d’innombrables missionnaires, religieux, prêtres, religieuses, militaires ont dévoué leur vie à l’international.

Citons quelques exemples : Théodore Louis Wibaux 

participa à l’évangélisation de la Cochinchine et construisit le Grand séminaire de Saïgon.Il est enterré depuis 1878 à Saïgon.

Saigon-seminaire-Wibaux. 

Son neveu, Théodore WIBAUX, Zouave pontifical à 18 ans pour la défense des états Pontificaux et Jésuite, né  à Roubaix, le 13 février 1849, dans une famille de treize enfants. Son père était directeur d’une filature. Son éducation fut pieuse. Les enfants étaient réunis tous les soirs pour la prière, dans le vestibule devant la statue de Notre Dame, appelée par eux la Vierge de l’escalier. Il fit ses études dans un institut de Roubaix, puis comme interne à Marcq. Il devint membre de la Conférence de Saint-Vincent de Paul et s’occupa d’un patronage, le dimanche en fin d’après-midi.

Wibaux-Theodore-ouvrage th-odore-wibaux 

D' après un récit de Louis Dumoulin, paru en 1902 in Les Contemporains « En 1865, le gouvernement de Napoléon III  décida de retirer ses troupes des Etats pontificaux, cédant aux instances du royaume du Piémont qui voulait unifier l’Italie. Il ne resta plus qu’à Pie IX à faire appel aux Zouaves et aux troupes volontaires venant de France, de Belgique, de Hollande et d' autres pays. Le Pape ne voulait être démis de ses Etats comme un fait accompli.
Théodore se sentit appelé au combat ; mais son père, d’abord inquiet puis fier de la résolution de son fils, lui demanda d’attendre encore un an, afin de se préparer moralement et physiquement.  
Théodore écrivit à Louis Veuillot qui lui répondit dans une lettre enthousiaste :
" Saint Pierre n’a pas maintenant besoin de soldats. C’est nous qui avons besoin de lui en offrir, qui devons désirer que notre sang coule pour racheter l’abominable défection de la France (...). Le terrible écroulement qui se prépare à Rome pour le châtiment du monde sera-t-il honoré du dernier combat ? Aurons-nous un second Castelfidardo qui nous ménagerait une rançon future ? 
Je n’ose l’espérer. Nous avons affaire à des sages qui redoutent de jeter les fondements de leur édifice dans le sang des martyrs et qui aiment mieux construire avec la boue des apostasies. Ils se sentent assez forts pour atteindre leur but, et peut-être avons-nous assez péché pour que Dieu ne nous permette plus le glorieux rachat du sang.          
Je ne peux donc vous donner un avis décidé ; néanmoins, je penche pour que vous alliez vous offrir. C’est quelque chose d’avoir fait acte de bonne volonté. Une bénédiction rayonnera sur toute votre vie...Je me recommande à vos prières.
Louis Veuillot. "
Théodore Wibaux entra dans Rome le 8 décembre 1866, jour de l'Immaculée Conception. Une trentaine de volontaires français, belges, hollandais et allemands l’accompagnaient. A la caserne, il fit ses armes et fut vite apprécié de ses camarades par sa simplicité et sa candeur. Il fit sa première expédition, le 15 mai 1867, à Corneto, contre une quarantaine de garibaldiens qui voulaient franchir la frontière à coup de carabines. Ils furent mis en fuite, sains et saufs... Malheureusement à l’été, le choléra frappa la région d' Allbano. Théodore ne fut pas le dernier à soigner les malades et à réconforter les mourants. A 18 ans, lui qui n’avait jamais vu souffrir, il fit son devoir. La tactique des garibaldiens était de multiplier les attentats dans les campagnes, afin de masser les troupes pontificales aux frontières et de faire ainsi le vide à Rome, pour pouvoir d’emparer par la suite de la Ville Eternelle. Les batailles se succédaient dans la province de Viterbe. Resté à Rome, dans la garnison, Théodore est aux premières loges, lorsque le 22 octobre la révolte éclate. La caserne Serristori, minée par les Piémontais, explose, provoquant la mort d’une vingtaine de personnes. En même temps, Garibaldi  s’est emparé de Monte Rotondo défendu par 300 zouaves. Théodore avec une quinzaine d’hommes s’occupe de la défense d’un bastion, près de la porte Saint-Pancrace. Il ' a pas d’artillerie...Le 30 octobre 1867, les Français, si longtemps attendus, font leur entrée dans Rome. Sur le champ, Garibaldi riposte à Mentana. Le 2 novembre, une colonne de 5000 hommes, des zouaves, des carabiniers suisses, des légionnaires, sous le commandement du général de Polhès, se dirige vers Mentana. La bataille sera affreuse. Les garibaldiens sont mis en déroute. L’action du lieutenant-colonel de Charette fut décisive. De retour à Rome, le 6 novembre, les troupes pontificales furent accueillies en triomphe. Théodore Wibaux eut l' honneur d' une audience particulière de Pie IX, le 3 janvier 1868. Elle dura un quart d’heure, pendant laquelle il reçut la bénédiction pour sa famille et la décoration de chevalier de l’Immaculée-Conception. Il reçut aussi le titre de citoyen romain... Au bout de deux années d’engagement, une permission de quelques jours lui fut accordée pour se rendre à nouveau dans sa famille. Mais les événements à son retour allaient se précipiter. En juillet 1870, la guerre entre la France et la Prusse fit rappeler les dernières troupes françaises de Rome. En septembre, 70 000 Piémontais envahirent Rome. Les zouaves rentrèrent en France à bord de l’Orénoque, laissant le Pape prisonnier de ses murs du Vatican dans une nouvelle Italie... Le bataillon de Théodore se rendit à pied à Châteaudun où il arrivA  le 11 novembre. Il fut incorporé, en tant que sergent-major, dans le corps des Volontaires de l’Ouest. Il prit part aux combats de Brou contre les Prussiens, sous les ordres du général de Sonis ; puis à la bataille de Patay, où le général et les zouaves devaient s’immortaliser sous les plis de la bannière du Sacré-Coeur. Beaucoup de Français furent tués, ainsi qu’à la bataille de Loigny, le 2 décembre 1870.

" Il n’y a plus qu’à invoquer la religion à son secours et à se jeter à corps perdu dans les bras de la Providence : c' est ainsi que la Foi console et fortifie ;  c' est elle qui fait de la douleur un sujet d' invincible espérance. " écrit-il à ses parents.
Aux premiers jours de 1871, Charette fut nommé général de brigade et Théodore sous-lieutenant. Le 13 août, les trois bataillons dont se composaient les Volontaires de l’Ouest assistaient pour une dernière fois à la messe militaire de l’aumônier en chef. Après la messe, ils se transfomèrent en carrés, et le général de Charette annonça le licenciement officiel du régiment. Les zouaves n’existaient plus ! Quelques jours plus tard, ce fut la république... Théodore Wibaux, sur le conseil d' un cousin jésuite, fit une retraite dans le collège de la Compagnie à Saint-Acheul à Amiens : " Je ne voudrais pas sortir d' ici avec le désespoir dans l' âme, j’y voudrais rester ; mais je ne me sens pas digne. " Il faiblit toutefois à l’idée de quitter le monde; il veut entrer dans les troupes d' Afrique. La crise dura peu de temps. Ce que Théodore avait été aux zouaves, il le fut au noviciat des Jésuites.

Ensuite il fut envoyé à Boulogne, comme professeur au collège Notre-Dame. Avec 35 enfants de 11 ans, il développa une émulation incroyable. Le Père Wibaux menait ses élèves comme sur un champ de bataille et ils se prêtaient avec ardeur à ce jeu ! Il suivit ses élèves jusqu' à la classe de troisième. La joie fut bien grande lorsqu' un jour arriva de la part de Pie IX une magnifique gravure adressée à l’ancien zouave avec une bénédiction spéciale pour ses élèves et toute une phrase écrite de la main du Pontife. En 1880, les lois de la IIIème république dispersèrent les Jésuites qui durent s’exiler à Jersey...
Le Père Wibaux fut alors un ardent zélateur de la consécration des familles au Sacré Coeur, dans les pages du " Messager du Sacré-Coeur ". Lorsqu' il atteint ses 33 ans, il dit à son supérieur : " Je mourrai cette année ! ". A la fin du mois de mai se déclara une maladie d’entrailles, et le 10 juin1882 le sacrifice était consommé... décède à Saint Helier à Jersey le 10 juin 1882 ; Dans son testament, il avait déclaré : " Je fais le sacrifice de ma vie au Sacré Coeur, je l’offre pour la France, l’Eglise, la Compagnie, la canonisation de Pie IX (aujourd’hui bienheureux...), le régiment, Charette, le Pape régnant (Léon XIII) et pour tous les miens. " D' après un récit de Louis Dumoulin, paru en 1902 in Les Contemporains. Bibliographie : R.P. du Coëtlosquet, Théodore Wibaux, Zouave pontifical et Jésuite. R. Billard des Portes, Histoire des zouaves pontificaux. Le Père Wibaux est un exemple parmi d’autres de tant de vocations du XIXème siècle empreintes de sacrifice et d’amour de la Patrie. Je ne sais pas si son souvenir est encore conservé. S’il n’est pas déclaré officiellement saint, puisse néanmoins sa mémoire aider les âmes hésitantes devant les choix d' aujourd’hui !
Lien : http://www.loire1870.fr/volontaire2.htm

Illustration : le colonel de Charette sous la bannière du Sacré Coeur, à côté de Jeanne d' Arc (vitrail de l' église de La Guerche, Ille-et-Vilaine ) ;
Autres Zouaves pontificaux apparentés, outre Théodore Wibaux et son beau-frère, Carlos Eugène Cordonnier.

Victor Charvet 1847-1933, 

zouave pontifical, aveugle à 30 ans, épouse Gabrielle Locoge; il fut zouave pontifical à la suite d’une visite rendue par Charrette à ses parents (en décembre 1866, Athanase de Charette de la Contrie devient lieutenant-colonel des zouaves toujours sous le commandement d'Allet.). Il fut blessé, le 25 novembre, à Jura l’Evèque sur le plateau d’Alvain. CHARVET Victor 13-juin-97 Grenoble Isère Grenoble Isère Zouave 16-avr-17 le Godat  1917. Victor Charvet est un cousin issu de germains de Charles I Jérôme Prouvost.

Ubalde Arsène Joseph Dewavrin,

fils de  Philippe Auguste Joseph DEWAVRIN, né 1801 - Tourcoing,  décédé 1872, Filateur de coton,  marié à Roubaix  avec  Delphine Pélagie BULTEAU, né le 7 juin 1832 à Tourcoing ; Ubalde  décéda le 11 juillet 1864 en Italie et inhumé dans la cathédrale San Pietro à Frascati ; semble faire partie de la troisième liste ("table alphabétique des sous-officiers, caporaux et hommes de troupe français ayant appartenu aux corps des Tirailleurs franco-belge et des zouaves pontificaux). Il est cousin issu de germain de Charles I Prouvost-Scrépel.

Gaspard Desurmont,

fils de Gaspard Desurmont 1823-1895 et Eugénie Motte 1825-1889, marié le 15 octobre 1913 avec Gabrielle Duchange en 1893, lui aussi engagé sous la bannière de Charrette, tué au mans à 22 ans. Il y a aujourd’hui la 12° génération portant le prénom de Gaspar Desurmont…

André Bernard, comte romain et Bernard 

(1er, 18 mars 1913), né le 3 février 1844, Lille, décédé le 25 octobre 1913, Paris (69 ans), zouave pontifical,  marié le 27 octobre 1868, Lille, avec Mathilde Tilloy, née le 14 juin 1851, Lille, décédée le 21 juillet 1892, Courrières (Pas-de-Calais) (41 ans), dont

André, comte Bernard (2e), né le 27 novembre 1869, Courrières (Pas-de-Calais), décédé le 19 novembre 1909, château de La Mazure (Mayenne) (39 ans), officier de cavalerie, marié   le 12 juin 1900, Laval (Mayenne), avec Marie Le  Marié  , née le 5 janvier 1881, décédée le 4 janvier 1923, château de La Mazure (Mayenne).

Sœur Cécile Prouvost, 1921-1983
Franciscaine missionnaire de Marie, fille de Georges Prouvost (cousin germain de Charles, petit fils de Félix Dehau) et Marthe Virnot : « L’homme propose et Dieu dispose ! Je m’étais tellement réjouie de t’avoir comme correcteur et  dessus m’a lancé le grand appel. Au cours d’une opération d’urgence, le chirurgien a découvert en moi un cancer bien avancé. J’en ai pour quelques mois. Je suis émerveillé de cette délicatesse du seigneur qui m’a ccordé un délai pour que je puisse partager ma confiance et ma joie avec tous ceux que que j’aime. Je sais que, dans quelques mois, ma connaissance sera totalle ; alors je préfère m’abandonner à la prière plutôt qu’à l’étude. Je suis revenue à la tente, ma famille et mes sœurs acceptent que je finisse mes jours au milieu de ceux que j’aime(…) Je suis dans la plus grande action de grâce, la plénitude de joie.

Prouvost-Cecile 

Une femme qui a voulu se faire nomade avec les nomades : Sœur Cécile Prouvost, 1921-1983. Née le 15 juillet 1921 à St Maurice des Champs, près de Lille, dans une famille d’industriels, elle connut une enfance sans privations dans un milieu aisé. De sa jeunesse, de la première année de guerre, de sa vocation, on ne sait rien. Entrée dans l’Institut des franciscaines missionnaires de Marie en 1940 à dix-neuf ans, elle laissa le souvenir d’une novice « casse-cou » toujours à l’affût de quelque chose à entreprendre, à inventer, sans avoir peur de l’effort, de la difficulté, du risque ou du danger. Après son noviciat, elle fit des études d’infirmière puis fut envoyée au Maroc. Elle écrit, fin 1969, dans un bref résumé de sa vie : J’étais prête à aller dans n’importe quel pays de monde, sauf en Afrique du Nord et chez les musulmans. C’est là que l’obéissance m’envoya. J’étais jeune et pleine d’enthousiasme. Je me suis livrée avec ardeur à toutes les tâches que le Seigneur m’offrit : vie d’infirmière, étude de la langue du pays, de la religion, de la civilisation. Je passais successivement dans les maisons (communautés) de Fès, Casablanca, Taroudant, Rabat. En 1961, j’eus mon obédience pour Midelt. Je fus partout, malgré des croix réelles, profondément heureuse dans ma vocation, trouvant dans l’Institut mon plein épanouissement humain et spirituel.

Midelt fut donc la dernière étape de sa vie conventuelle, avant le grand saut, chez les nomades. Là, elle avait un poste d’infirmière dans le dispensaire, dépendant de la Santé publique, et elle s’occupait plus spécialement de prévention maternelle et infantile. À la fin de 1969, Cécile écrit : Depuis deux ans, le Seigneur m’attire vers une intimité constante avec lui et un profond désir de vie contemplative. Lors de ma dernière retraite en septembre 1969, il me fit voir clairement que ma vie serait nomade-contemplative. C’est en juin 1969, au cours de l’ascension de l’Ayachi (le deuxième sommet du Haut-Atlas, 3735 mètres) qu’elle ressentit vivement et douloureusement combien les nomades étaient abandonnés au point de vue sanitaire. À la fin de 1969, elle présente, par écrit, son projet à la Provinciale et à son conseil, ainsi qu’à la Supérieure Générale et à l’archevêque de Rabat. Elle explique :

Je voudrais donc, dès le printemps 1970, avoir l’autorisation de passer, de temps en temps, une nuit sous la tente, soit près d’un malade, soit chez des amis sûrs – et j’en ai de très sûrs. Il faudrait que rapidement, le rythme atteigne deux nuits par semaine ; tout en continuant mes activités normales au dispensaire et en communauté. Puis mon désir serait, dans deux ans, c’est-à-dire au printemps 1972, pouvoir vivre cinq jours sous la tente, dans la montagne et rentrer dans ma communauté le samedi et le dimanche. Plus une partie de l’hiver. Il me semble que là, je vivrais mieux l’imitation de Jésus Christ, la Voie, la Vérité, la Vie de nos âmes, qui a voulu vivre cette vie de proximité et de communauté avec les plus pauvres de son pays qui étaient si semblables au nomades de nos régions ; nomade avec les nomades. Non sans appréhension, ses supérieures et l’archevêque laissèrent ouverte cette possibilité de proximité avec les plus pauvres de la montagne. Un projet qui devint réalité en 1970, au rythme prévu. Comme « compagne », dans ces débuts, elle eut, non pas l’une de ses sœurs, mais une femme berbère et elle dira : Il s’est créé entre nous une amitié profonde et actuellement, nous vivons en fraternité comme deux sœurs, heureuses l’une et l’autre de montrer à notre entourage qu’une musulmane et une chrétienne peuvent vivre ensemble en réalisant chacune à fond sa religion. Pour nous, ajoute-t-elle, c’est le dialogue islamo-chrétien vécu, avec simplicité, mais dans la réalité. Très vite, elle pourra dire : J’ai enregistré et arrive à suivre d’une manière régulière près de trois cents familles (de nomades). Il doit en rester à peu près cent cinquante que je n’ai pas encore touchées. Le travail est surtout de prévention, vaccinations, visites prénatales, surveillance des nourrissons, dépistages de tuberculose...Nous faisons aussi les soins… Ce qui est important pour elle dans ce vivre avec, ce sont les contacts avec les gens qui l’entourent. Entre 1972 et 1974, elle circule dans un rayon de trente kilomètres autour de Midelt, ce qui lui permet de contacter un grand nombre de personnes. En 1972, elle compte 584 familles, soit 3475 personnes. En 1974, elle compte 659 familles, soit 3833 personnes et, en infirmière méthodique, elle établit une fiche par famille. Elle essaie de sensibiliser les parents à la nécessité des vaccinations. Mais comment faire admettre qu’on pique un enfant en bonne santé ? Elle ne vaccine aucun enfant sans l’accord de l’un des deux parents. Un autre point à obtenir, c’est l’hospitalisation quand le médecin la demande car les gens ont peur. Elle suit avec grand soin les enfants : les rachitiques, les anémiés, les mangeurs de terre. Mais elle porte surtout ses soins sur l’éducation : hygiène, alimentation : « Cela m’est facilité par le fait que je vis avec eux, et, en partie comme eux. Je suis à la disposition de ceux qui viennent chaque jour entre 7 h 30 et 17 h 30 ; mais pour les urgences, il n’y a pas d’heure, je suis à leur disposition jour et nuit. Pour se faire nomade avec les nomades, Cécile est vêtue d’un grand burnous d’homme, coiffée d’une manière qui n’était ni féminine ni masculine, et chaussée de grosses sandales berbères, même en plein hiver. Lorsqu’elle devait prendre le car, pour ne pas déranger, elle était prête à partir de bonne heure. Enveloppée dans mon burnous, je me couche sur un banc public, on me prend pour un homme et on me laisse tranquille. Sa vie à la tente était partagée entre son travail d’infirmière, la prière à laquelle elle consacrait beaucoup de temps et l’étude, car Cécile lisait, écrivait et étudiait beaucoup. Elle avait même composé un lexique français-berbère et berbère-français. Elle avait entrepris la traduction en berbère de l’évangile selon saint Marc et commencé celle de l’évangile selon saint Jean. Elle avait traduit le « Notre Père », le « Je vous salue Marie » et le « Magnificat » et composé quelques chants. Elle suit des cours par correspondance, cours de Bible, d’islamologie, de théologie. On lui doit aussi un livret sur le traitement par les plantes qu’elle complétera au cours des années, ainsi que des notes sur l’acupuncture. Sa vie fut laborieuse et austère. Pour bien le comprendre, il faut se l’imaginer dans son contexte habituel : non au calme dans sa chambre ou son bureau, elle n’en a pas ; mais assise au pied d’un arbre, ou l’hiver, près du feu sous la tente ouverte à tous. En 1978 Cécile reçoit une sœur comme compagne sous la tente ; mais pour que la Fraternité soit reconnue par les instances suprêmes de l’Institut, il faudrait une troisième sœur, qui se fera attendre encore cinq ans. En février 1983, Cécile est opérée à l’hôpital d’une occlusion intestinale. Et cette opération révèle un cancer très avancé. Trop avancé même pour qu’on puisse intervenir. Elle est mise au courant par le médecin et elle accepte dans la foi, dans la joie et dans l’espérance. Puis, malgré l’insistance des siens, elle exprime le désir de finir ses jours à la tente, puisque médicalement il n’y a rien à faire. Elle quitte l’hôpital quand la plaie est cicatrisée et continue de soigner les nomades par l’intermédiaire de la sœur qui est avec elle sous la tente. Les derniers mois, les souffrances physiques furent intenses ; et pareillement sa vie d’union à Dieu. Deux mois environ avant sa mort, Cécile commença un jeûne, ne buvant que du liquide. Je ne vois pas pourquoi je devrais nourrir mes cellules cancéreuses quand il y a tant de gens qui meurent de faim…Ce fut la veille de sa mort, le 10 octobre 1983, qu’arriva – dernière délicatesse du Seigneur – la reconnaissance par Rome de cette fraternité sous la tente. C’était dans la montagne les fêtes de mariages et toute la nuit avaient résonné les sons des derbouka (tambours), plus proches ou plus lointains. C’était pour Cécile, l’annonce d’un autre festin, d’autres noces. À l’aube du mardi 11 octobre 1983, après une nuit de grandes souffrances, entourée de ses trois sœurs, elle dit : « Je vais vers mon Père », prononça le nom de Jésus, entra dans la lumière qui n’a pas de déclin et dans la joie de Dieu. À ses obsèques, dans le cimetière de la Kasbah Myriem, c’est une foule qui l’accompagnait, composée de chrétiens et de musulmans, de prêtres et de religieuses ; mais surtout de ses frères et sœurs de la montagne, les nomades. Témoignages : Un prêtre qui l’a bien connue : Le but premier de Cécile a été de vivre avec les plus pauvres, de partager le dénuement de ce peuple berbère, nomade, qu’elle aimait. Le partage de leur vie avec tout ce qu’il y a de difficile, de dur et parfois même de rebutant, c’était son choix et non pas une conséquence à supporter tant bien que mal. Elle aimait les pauvres, non pas en phrases et en théorie, mais dans la réalité des actes quotidiens. Son programme de vie : - Imitation de Marie : surtout dans son mystère de la Visitation, puisque, comme elle, je porte le Corps de son Fils.- Adoratrice de cette Eucharistie avec laquelle je vis en intimité totale.- Victime, car les sacrifices ne manquent pas quand il faut affronter les intempéries, la privation de tout ...- Missionnaire, selon l’esprit de Mère Fondatrice, Marie de la Passion.Son faire-part de décès composé par elle-mêmeAu nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux, Jésus a dit : Je suis la Résurrection. Qui croit en moi, fut-il mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? (Jn 11, 25) Réjouis-toi avec moi ! Le Seigneur est venu me chercher pour la vie qui ne finit pas. Je prie pour toi et je t’attends dans la joie de la Résurrection. Amen. Alleluia ! Cécile Prouvost Monseigneur Chabert, l’archevêque de Rabat : Je l’admirais et j’étais fier d’avoir dans mon diocèse une telle ambassadrice de Jésus parmi les plus pauvres. Elle représentait bien cette option préférentielle que l’Église demande. Et sa Provinciale : Telle que je la connais, l’estime et l’admire, profondément dans son don total, dans ce cheminement qu’elle a fait depuis des années et qui […] me semble une authentique recherche du Seigneur, à l’exemple de saint François et de Marie de la Passion.

Henri Louis Marie Joseph Prouvost (1895 - 1983), 

de la lignée non rattachée des Benjamin Prouvost, naquit à Roubaix (Nord) le 1er octobre 1895. Il fit ses études primaires et secondaires à l'Institution Notre-Dame des Victoires à Roubaix. Il voulait se destiner aux Missions, et il fit sa demande au Séminaires de la rue du Bac le 12 juillet 1912. Il entra au Séminaire des Missions Etrangères de Bièvres le 9 septembre 1912. Il n'avait que 17 ans.

La grande guerre éclata en 1914. Parti pour le front, il fut blessé en septembre 1916 et réformé temporairement en 1917. Il fut réformé définitivement en 1919, et rejoint le Séminaire pour y achever ses études. Ordonné prêtre le 12 mars 1921, il reçut sa destination pour la Mission de Mysore. Il partit pour l'Inde le 26 septembre 1921. A Bangalore, ville épiscopale de la Mission de Mysore, il se mit à l'étude des langues au Collège Saint Joseph. Après quelques années d'étude, il devint professeur, puis recteur de l'école anglaise en 1931. Enfin, en 1932, il devint Principal du Collège universitaire. En l'espace de cinq ans, il fit de ce Collège l'une des grandes institutions universitaires du pays.

En 1937, ce Collège fut confié aux Pères Jésuites et le Père Prouvost devenait libre. Rappelé en France, il fut envoyé à Menil-Flin pour fonder un Petit Séminaire MEP. Secondé par quelques confrères et quelques Soeurs des Missions Etrangères, il recruta des "postulants", auxquels il enseigna le français et l'anglais. Vint la guerre de 1939-1945. Elle permit l'intégration plus complète à la vie du village : prières communes dans la Chapelle de l 'école, services mutules, hébergements fugitifs, refuge de la population dans les caves du Séminaire au moment des bombardements. Il assurait la messe paroissiale à Ménil-Flin et ses sermons appelant les chrétiens à la pratique d'une foi véritable étaient fort appréciés. Il dirigea cette école missionnaire de 1937 à 1944.

En 1944, une Mission extraordinaire fut proposée au Père Prouvost. Le Pape Pie XII demanda aux Missions Etrangères de nommer l'un de leurs membres, pour faire la visite apostolique de toutes les Missions francophones d'Afrique. Le Père Prouvost fut nommé à ce poste, et après avoir reçu les consignes des autorités romaines en décembre 1944, il s'envola pour Dakar en janvier 1945. Il fut un visiteur juste et impartial et fit un rapport très détaillé, très apprécié à Rome. Tant et si bien que le Pape Pie XII voulut nommer le Père Prouvost archevêque de Dakar. Mais il présenta respectueusement ses objections au Pape, et put rejoindre le Séminaire de la rue du Bac, fin 1946.

On lui confia alors le poste de directeur l'information missionnaire. Il multiplia alors les voyages par toute la France, fit de nombreuses conférences pour susciter des vocations missionnaires. Il poursuivit ce travail jusqu'en 1950.

A l'Assemblée générale de la Société en 1950, il est élu assistant du Supérieur général. Il continua de s'occuper du recrutement, et presque tous les dimanches, il allait prêcher des "Journées missionnaires" dans les paroisses ou institutions. Egalement, il dut faire la visite des Missions en tant que membre du Conseil général. Il put ainsi se rendre compte du travail des confrères et les réconforter dans leurs difficultés.

En 1954, il accepta la charge de secrétaire aux "Presses Missionnaires", organisation fondée pour venir en aide aux Missions pour tout ce qui concerne livres et appareils audio-visuels et aide financière pour les traductions de livres dans différentes langues indigènes. Le Père Prouvost allait trois fois par semaine au bureau situé dans le 7ème arrondissement et poursuivit sa collaboration jusqu'au mois d'avril 1983.

Avec l'élection d'un nouveau Conseil général en 1960, le Père Prouvost devint bibliothécaire de l'importante bibliothèque de la rue du Bac. Mais bientôt avec l'âge, il fut atteint de cataracte double. Sa vue baissa de plus en plus et il fut déchargé de la bibliothèque en juin 1981. Pendant deux ans encore, il continua à rendre service, assurant deux heures de confessions chaque semaine dans la Chapelle du Séminaire.

En 1983, le Supérieur général l'invita à se retirer dans notre maison de Montbeton, près de Montauban. Il y alla à contre-coeur, mais fit preuve d'obéissance, mais aussi d'un grand sacrifice. Un jour, alors qu'il célébrait la messe avec la communauté, il fut pris de malaise, perdit connaissance et dut être transporté à l'hôpital de Purpan, à Toulouse. En plus d'une méningite maligne, il fut victime d'une infection urinaire et d'un oedème au poumon. Après avoir reçu le saint Viatique, il mourut le 28 octobre. La concélébration fut présidée par le Père Rossignol, vicaire général de la Société, qui dit au cours de son homélie : "Le Père Henri Prouvost est l'un de ces hommes qui a tout quitté pour suivre Jésus. Il s'est mis au service de Jésus avec un rare ensemble de talents et de qualités... Avec son décès, c'est une grande figure qui disparaît : une grande figure de la Société des Missions Etrangères, une grande figure du monde missionnaire."

Évêque de Dakar (1947), puis archevêque (1955) , évêque de Tulle (1962), supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit (1962), fondateur de la Fraternité St Pie-X

Évêque de Tulle

Né le 29 novembre 1905 - Roubaix (59, Nord)

Décédé le 25 mars 1991 - Martigny (Suisse)

À l'âge de 85 ans

Ordonné prêtre en 1929
Missionnaire au Gabon (1932-1945)
Supérieur du Scolasticat de Mortain en France (1945 -1947)
Archevêque de Dakar, (1947-1962)
Archevêque de Tulle en France (1962),
Archevêque de Synnada en Phrygie (Syrie), in partibus infidelium
Supérieur de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit (1962-1968)
Fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X (1970)

"Tradidi vobis quod et accepi
"

Populaire défenseur de la messe en latin ou maurrassien impénitent, «athanase du XXe siècle» ou «avocat obstiné d’une théologie attardée», Mgr Lefebvre a suscité toute une imagerie d’Épinal. Rend-elle bien compte d’une affaire qui eut un large écho, spécialement en France, et aboutit à un nouveau "schisme" dans l’Église catholique ?

Né à Tourcoing dans une famille très pieuse le 29 novembre 1905, Marcel Lefebvre eut au sein de l’Église un itinéraire exemplaire. Admis au séminaire français de Rome en 1923, il est ordonné prêtre en 1929. Après un an en paroisse à Lille, il rejoint son frère René chez les Pères du Saint-Esprit. Au Gabon de 1932 à 1945, puis directeur du scolasticat de la congrégation, il est choisi par Pie XII comme vicaire apostolique de Dakar en juin 1947 et reçoit la consécration épiscopale des mains du cardinal Liénart en septembre. En 1955, le cardinal Tisserant vient l’introniser premier archevêque de Dakar. Délégué apostolique pour l’Afrique de l’Ouest (1948-1959), il participe activement à l’affirmation d’une Église africaine ; il a ordonné prêtre son successeur, le futur cardinal Thiandoum. L’heure du départ arrive néanmoins, en janvier 1962, pour un homme réticent vis-à-vis d’une décolonisation jugée prématurée. Transféré au modeste siège de Tulle, il est élu supérieur général des Spiritains dès août 1962. C’est ainsi qu’il se rend, en octobre, à la première session de Vatican II.

Le concile marque un premier tournant dans ce brillant parcours. Déjà isolé par son soutien à la «Cité catholique» de Jean Ousset et à la cause de l’«Algérie française», Mgr Lefebvre se range, à l’inverse des autres évêques français, dans la minorité conservatrice. Animateur du Coetus internationalis patrum (1964), il réclame une nouvelle condamnation du communisme et bataille contre la collégialité assimilée au «collectivisme», l’œcuménisme et la liberté religieuse, «apostasie légale de la société». Mais, en 1963, il vote la réforme liturgique. Le futur censeur de la «messe de Luther» a aussi accepté les premières modifications apportées par Paul VI, avant la refonte du missel d’avril 1969. En mai 1988, il reconnaît la validité de la nouvelle messe et la rupture n’est pas intervenue sur ce sujet. Le contentieux entre Mgr Lefebvre et Rome ne se réduit donc pas à la liturgie latine. Au demeurant, parmi les nombreux textes conciliaires, le prélat contestataire a toujours déclaré n’avoir rejeté que Dignitatis humanae et Gaudium et spes . Or l’après-concile voit se développer une accélération du processus de sécularisation et une «crise dans l’Église» (Paul VI). Mis en minorité dans sa congrégation, Mgr Lefebvre démissionne le 30 septembre 1968. Pourtant il ne renonce pas à «faire l’expérience de la tradition».

Sollicité par neuf séminaristes, il ouvre en 1969 une maison d’accueil qui, installée à Écône (Suisse) l’année suivante, devient un véritable séminaire. Le 1er novembre 1970, Mgr Charrière approuve la constitution d’une Fraternité sacerdotale Saint-Pie X destinée à rassembler les futurs prêtres. Les évêques de France ne tardent pas à s’émouvoir devant une institution concurrente et indépendante. D’autant qu’entre 1970 et 1974 Mgr Lefebvre passe d’une vive critique de l’application des réformes à une mise en cause du concile lui-même et bientôt du pape. Le manifeste du 21 novembre 1974 dénonce «la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante, qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II». Ce brûlot entraîne la réaction de Paul VI: au terme d’une procédure que Mgr Lefebvre conteste, la Fraternité est supprimée (mai 1975). En juillet 1976, passant outre à l’interdiction d’ordonner des prêtres, le prélat est suspendu a divinis .

Devenu chef de file des traditionalistes, l’évêque dissident développe son œuvre tout en gardant des liens avec Rome : Paul VI (1976) et Jean-Paul II (1978) le reçoivent. Malgré la concession liturgique de 1984, les négociations piétinent. Ulcéré par la rencontre interreligieuse d’Assise (1986), Mgr Lefebvre menace, en juin 1987, de consacrer des évêques afin d’assurer la pérennité de sa Fraternité. Le cardinal Ratzinger tente un ultime compromis. Mais l’accord du 5 mai 1988 est rompu le lendemain par Mgr Lefebvre qui sacre, assisté de Mgr de Castro Mayer, quatre évêques le 30 juin. Le camp traditionaliste se divise : certains (le Barroux, la Fraternité Saint-Pierre) acceptent les offres romaines.

Excommunié, le vieil évêque, qui avait remis sa charge de supérieur en 1983 à l’abbé Schmidberger, meurt le 25 mars 1991. Il lègue une «petite Église catholique de rite traditionnel» (É. Poulat) d’au moins cent mille fidèles groupés autour des deux cent cinquante prêtres d’une Fraternité qui entretient six séminaires et un réseau de prieurés et d’écoles. Il lègue surtout un problème non résolu : quelle peut être l’attitude de l’Église face à la modernité triomphante ? Campant sur le refus des droits de l’homme, en particulier de la liberté de conscience, Mgr Lefebvre rêvait de reconstruire la chrétienté: «Nos chapelles [...], nos monastères, nos familles nombreuses, nos écoles catholiques, nos entreprises [...], nos hommes politiques décidés à faire la politique de Jésus-Christ». Il rappelait importunément que ce rêve fut celui des papes aux XIXe et XXe siècles, et le proposait comme «Vérité immuable». Répudiant cette stratégie, l’Église conciliaire a voulu concilier catholicisme et démocratie. Elle a modernisé ses institutions et s’est proclamée «experte en humanité». Mais de « Mater et magistra » à « Centesimus annus » en passant par « Humanae vitae » (encycliques) , elle souligne toujours les failles du libéralisme.

Entre l’exigence du dialogue et l’affirmation d’une identité intransigeante, Jean-Paul II poursuivait sur une voie que Mgr Lefebvre jugeait sans issue.

Enfin, le 21 janvier 2009, sur mandat du Pape Benoît XVI, la Congrégation pour les évêques a retiré le décret du 1er Juillet 1988 :

Rome, Congrégation pour les Évêques, le 21 janvier 2009.

Card. Giovanni Battista Re, Préfet de la Congrégation des Evêques

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Le Cardinal Achille Liénard 1907-1973),

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Évêque de Lille en 1928, cardinal en 1930, il dirigea la Mission de France de 1954 à 1964 et s'intéressa surtout aux problèmes sociaux.
Issu d'une famille de la bourgeoisie négociante de Lille, Achille Liénart opte au début du siècle pour le sacerdoce diocésain. Il se sent proche du Sillon, de l'ACJF et mène des études au Séminaire français de Rome. Il va s'engager comme aumônier dans un régiment d'infanterie à Verdun pendant la Grande Guerre. Nommé professeur au séminaire de Lille, l'abbé Liénart est aussi sollicité par sa proximité intellectuelle et familiale avec le catholicisme social qui le mène vers des activités autour des Semaines Sociales, des militants de la CFTC mais aussi en direction des communautés protestantes et juives. En 1926, il lui est alors confié l'importante paroisse de Tourcoing-Saint-Christophe qui le met en contact avec les milieux du syndicalisme chrétien. Il n'hésite pas à prendre la défense des « prêtres dévoyés » et accusés de communisme par les milieux d'extrême droite. Rome l'encourage en le nommant évêque de Lille. Très vite, il embrasse la cause ouvrière en soutenant une mobilisation syndicale à Halluin face à un consortium qui refuse la négociation. Son engagement social lui vaut d'être créé cardinal par Pie XI. Très populaire, il s'avère alors le promoteur principal de toute l'Action catholique dans le Nord, aidant au développement de la JOC mais aussi de la bourgeoisie chrétienne. Il s'avère également un organisateur de la présence ecclésiale en milieu urbain. Il réagit fermement dans certaines affaires dramatiques comme celle du suicide du maire de Lille et ministre socialiste Roger Salengro, outrageusement diffamé par une presse à scandale. À l'heure de la débâcle et de Vichy, il se veut loyal envers le maréchal Pétain, en cela conforme à l'attitude générale de l'épiscopat français. À la Libération, il succède au cardinal Suhard à la présidence de l'Assemblée des cardinaux et archevêques.
Soucieux de la pastorale ouvrière, il suit de près « l'expérience » des prêtres-ouvriers dont il va plaider la cause à Rome en 1954. Il sera nommé à la tête de la Mission de France. Il porte également une grande attention aux missions extérieures avec le soutien au mouvement Ad Lucem et le jumelage qu'il entreprend avec des diocèses camerounais. Le concile Vatican II le place sur la scène internationale avec notamment sa véhémente intervention sur le mode d'organisation dans le choix des membres des commissions conciliaires, lors de la première séance de travail, le 13 octobre 1962. Il est alors passionné par l'événement du Concile et partisan de ses orientations. Il abandonne progressivement sa tâche à partir de 1964. Son évêque coadjuteur, Adrien Gand, lui succédera en 1968. »
Catherine Masson, Le Cardinal Liénart, Évêque de Lille (1928-1968), Bruno Dumons. Paris, Éd. du Cerf, 2001. - (23,5x14,5), 784 p, 39 €.

Adrien Gand, petit fils d’ Elisabeth Bernard 1849-1939, de l’ancienne famille du Nord, est né à Lille en 1907. Ordonné prêtre de l'Église catholique en 1933, il fut consacré évêque en 1964 et nommé fut coadjuteur du diocèse de Lille, dont il devint évêque de 1968 à 1983. Il est décédé en 1990. En 1964 et 1965, il participa à la Troisième et la quatrième session du Concile Vatican II.

La carrière internationale de la violoniste Gaëtane Prouvost

Gaëtane Prouvost

Premier prix de violon et de musique de chambre du Conservatoire de Paris, Gaëtane Prouvost a poursuivi sa formation à la Juilliard School de New York auprès d’Ivan Galamian comme nombre des virtuoses contemporains. Mais son véritable maître sera Zino Francescatti, l’un des grands violonistes du siècle et unique héritier de la technique de Paganini. Elle lui a consacré une biographie et enregistré un disque de ses compositions originales et transcriptions. Gaëtane Prouvost est avant tout une concertiste. Son jeu se prête aussi bien à la légèreté du répertoire baroque, qu'à la gravité mozartienne. Il excelle dans les grands romantiques et restitue aux contemporains qualité émotionnelle et musicalité. Dédicataire de plusieurs œuvres, elle est fréquemment invitée par l'Ensemble Intercontemporain où elle joue sous la direction de Kent Nagano, Gary Bertini et Pierre Boulez. Choisie par Olivier Messiaen, elle est l'interprète du Quatuor pour la Fin du Temps lors de sa création en U.R.S.S. Gaëtane Prouvost est également une chambriste qui se plaît à faire chanter son violon à l'écoute des autres: Noël Lee, Laurent Cabasso, Emmanuel Strosser, Jean-Paul Sevilla, Anne Queffélec, Roland Pidoux, Bruno Canino, Yvan Chiffoleau, Jean-Philippe Collard, etc. Diplômée de l'Institut Supérieur de Pédagogie, elle partage actuellement ses activités entre une carrière de soliste et l'enseignement au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris comme dans diverses académies en France et à l'étranger. Certains de ses élèves sont dès aujourd'hui lauréats des grands concours internationaux.Auprès de Marie-Christine Barrault, Gaëtane Prouvost a monté un spectacle Littérature et Musique intitulé "Vol de nuit", basé sur des textes d’Antoine de Saint-Exupéry. Les deux sonates de Prokofiev pour violon et piano que Gaëtane Prouvost a enregistrées chez Forlane avec Abdel Rahman El Bacha, ont suscité l'enthousiasme de la presse (Disque Choc du Monde de la Musique). L'œuvre pour violon et piano de Gabriel Pierné a été enregistrée avec Laurent Cabasso pour le label Integral Musique (octobre 2006).   Charles de Couëssin et Gaëtane Prouvost, Zino Francescatti (1902-1991) le chant du violon. Préface de Marcel Landowski. Édition L’Harmattan (1999), 269 pages

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Géry Prouvost, né en 1964, à Paris, est professeur au Grand Séminaire de philosophie Saint-André Kaggwa de Kinshasa. Docteur en philosophie de l’Institut catholique de Paris et docteur en histoire des religions de la Sorbonne, il a déjà publié Catholicité de l’intelligence métaphysique (1991), Étienne Gilson - Jacques Maritain, Deux approches de l’être, Correspondance 1923-1971 (1991) et Thomas d’Aquin et les thomismes (1996). Il est lauréat de l'Institut de France.

Le génie global du Nord peut être observé dans l’œuvre photographique des sœurs Elisabeth et Françoise Prouvost;

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elles ont publié un superbe ouvrage de portraits  de 100 personnalités françaises, de tous horizons telles que l’abbé Pierre, Noah, Cabrel, Dombasle, Rampling, Sollers, Mauresmo, Birkin, “M”, Anna Karina, Chandernagor, Jacques Lang, Moustaki, Elsa, Micheline Presle etc. – qui se sont prêtées au jeu. Une révélation par la photographie de leur monde imaginaire à la manière des collages surréalistes.

Elizabeth Prouvost :
    15 août du XXe siècle. Née par hasard. Lionne ascendant lion.
    1972. Comédienne dans Le soldat et les trois sœurs, film de Pascal Aubier. Prix Jean Vigo 1978. Assistante caméra sur L'une chante, l'autrepas d'Agnès Varda.
    1990. Caméra d'or au festival de Cannes pour l'image de Farendj, film de Sabine Prenczina.
    1992. Réalisatrice de Stellaplage avec Catherine Jacob et Dominique Pinon.
    1993. Déligatures : première exposition personnelle de photographies sur le corps, Paris.
    1995- Sortie de Edwarda, album de photos d'après le roman de Georges Bataille, Jean-Pierre Faur éditeur.
    1997. Exposition de portraits de Mâcha Méril à la Maison européenne de la photographie.
    Février 2002. Début duprojet looportraits imaginaires.
    2003. Tournage à Saint Pétersbourg de Ceux qui aiment ne meurent jamais, film de Christophe Malavoy.

Françoise Prouvost :
    31 décembre du XXe siècle. Née normalement. Cochon dans l'astrologie chinoise.
    1967. Mannequin à New York, dans l'agence Eileen Ford.
    1972. Comédienne dans Le soldat et les trois sœurs, film de Pascal Aubier. Prix Jean Vigo 1978. Photographe pour l'agence Petit format. Couvertures de livres .
    1982. Photographe de plateau sur La Balance, de Bob Swaim.
    1984. Béalisatrice d'un court-métrage, Une Vie, d'après une nouvelle de Guy de Maupassant.
    1985. Photographe à Paris-Match pour la rubrique Les Gens. 1988. Réalisatrice du clip de Michel Sardou La même eau qui coule. 1996. Photographe de publicité à New York.
    Février 2002. Début du projet 100 portraits imaginaires. » http://www.eyrolles.com

Si le textile a eu son ère de déclin,
d’autres secteurs ont été pris en main par les mêmes familles
:

François Dalle, 

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cousin germain d’Hélène Prouvost-Dalle , s'affirmant soucieux de ses collaborateurs mais pour mieux leur faire partager son « obsession du supra de qualité », il  métamorphose une importante PME française en une grande multinationale. L’ industriel a relaté l’ histoire de l’ entreprise dans un livre intitulé "L’ aventure L’ Oréal", paru en 2001 aux éditions Odile Jacob. Narrant le développement de ce groupe aux marques emblématiques (Dop, Elnett, Lancôme ou Gemey), François Dalle profite de cet exercice pour évoquer ses conceptions du management et du marketing, résumées par la maxime de Schueller « Faire, défaire pour mieux refaire ». Révélateur aussi, les raisons du choix de son successeur, Lindsay Owen-Jones: « C'était le pousseur de chiffre d'affaires dont L’ Oréal aurait besoin après moi. »

La vente par correspondance

La Redoute : Le concept de vente par correspondance est né par hasard au moment de la première guerre mondiale, quand la maison Pollet a du mal à écouler sa marchandise. Charles a l'idée astucieuse de mettre en vente ses stocks par le biais de petites annonces dans le journal local. Les lecteurs peuvent ainsi directement passer leur commande au fabricant qui expédie les produits directement au domicile. La vente par correspondance est née. En 1928, la maison Pollet crée un premier catalogue de 16 pages où une quarantaine d'articles sont répertoriés. Les années passent puis, en 1956, La Redoute décide d'introduire dans son catalogue des articles de décoration, des accessoires et des meubles. La Redoute a depuis lors bien changé : en diversifiant son offre et les tendances, La Redoute veut démocratiser le design.est actuellement une filiale de Redcats (groupe PPR) ; le groupe est présent dans une vingtaine de pays. Il s'impose comme le numéro 3 mondial de la vente à distance derrière les allemands Otto et Quelle qui est le numéro 1 européen de la vente par correspondance avec ses catalogues Quelle et Neckermann.

Les 3 Suisses, fondés par Xavier Toulemonde-Prouvost,  est une filiale de 3 Suisses International qui appartient à 45 % au Groupe Mulliez et à 50 % au groupe Otto-Versand, le leader mondial de la vente à distance, présent dans 23 pays et sur trois continents, l'Europe, l'Amérique et l'Asie. C’est en 1932, à Roubaix, que Xavier Toulemonde crée les Filatures des 3 Suisses, qui deviendront par la suite les 3 Suisses. Entre 1934 et 1961, 3 Suisses ouvre les premières antennes à l'étranger, notamment en Belgique, en Allemagne et en Autriche. En 1949, 3 Suisses lance le premier catalogue « Textile » (28 pages et 436 articles) qui devient par la suite le catalogue type « Grand magasin ». En 1967, le catalogue fait sensation : une femme en pantalon figure en couverture alors que dans la rue la jupe reste l'usage dans la société française. L'intégralité du catalogue 3 Suisses est accessible sur Internet à partir de l'année 1998.

Blancheporte est une société de vente à distance du nord de la France (Tourcoing). Fondée en 1806 par les Dassonville, elle a fêté ses 200 ans d’existence. Au départ, la famille fabrique et vend ses étoffes sur la Grand Place de Tourcoing. En 1920, l’usine prend le nom de Blanche Porte (d’après le hameau auquel elle était rattachée). Elle se spécialise dans le drap « chaîne retors » et se lance, déjà, dans la vente à distance. En 1921, l'entreprise met en place les Relais Colis. Dès 1924, les commandes sont expédiées en 48 heures. En 1934 est édité le premier catalogue de 6 pages, à 300 000 exemplaires. Peu à peu, Blancheporte abandonne la fabrication et devient distributeur à distance de vêtements et de linge de maison. En 1983, les 3 Suisses prennent une part majoritaire dans le capital[réf. nécessaire]. Blancheporte est n°3 français de la Vente à Distance textile[réf. nécessaire]. Dès 1993, la société atteint le niveau européen : Belgique, République tchèque, Slovaquie… En 2006, Blancheporte fête ses 200 ans d’existence. Aujourd’hui, l'entreprise livre plus de 7 millions de colis par an[réf. nécessaire]. Elle édite 2 catalogues généraux par an et une dizaine de catalogues spécialisés.Elle propose des vêtements, du linge de maison, des accessoires, etc…

Les Mulliez 

est considérée comme l’ une des plus fortunées d'Europe. Depuis l'époque de Charles Quint, la famille Mulliez s'illustre dans le textile. Selon Benoît Boussemart, les membres de la famille totalisaient en 2010 une fortune de 30,4 milliards d'euros, ce qui les classe au 1er rang des fortunes françaises devant Bernard Arnault (LVMH) et Liliane Bettencourt (L’ Oréal).

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Si le nom des Mulliez ne vous évoque rien...Phildar, Auchan, Décathlon, Boulanger, Kiabi, Norauto, Midas, Leroy Merlin, Tapis Saint-Maclou, Picwic, Brice, Pimkie ou encore Camaieu devenu Jules, vous parleront sûrement plus. Ajoutons à cette liste : Maco pharma, Kiloutou, Top office, Electro dépôt, Atac, Bricoman, Bricocenter, Déco services, Cosily, 1000 tissus papiers peints, Cultura, Pic pain... N’oublions pas le groupe Agapes (numéro deux de la restauration spécialisée en France, regroupant Flunch, Pizza Paï, Amarine, Les Trois Brasseurs, et So good), la banque Accor, les maisons de retraites « Les Orchidées », la presse catholique qui survit grâce à eux  (La Croix du Nord, du Midi, et du Jura, La Voix du Cantal, La Vie Quercynoise, Le Rouergat, etc.). Et ajoutons leurs 43% de participation dans le capital des 3 Suisses, et les quelques Quick et Mac Do franchisés, et tant d’autres ... banque Accord fait exploser les compteurs des cartes de paiement. La banque Accord de la galaxie Mulliez accompagne le développement international des enseignes familiales.

Auchan vient du fief de Roubaix dit « les Hauts Champs », tenu de la seigneurie de Herseaux, à Wambrechies, à 10 livres de relief et à justice de vicomte, comprenaient autrefois 6 bonniers dont la plus grande partie avait été esclissée de telle sorte qu'il ne restait au gros du fief, en 1621, que 14 cents de terre, tenant au bois de Ribaubus et aux terres de Beaumont. Les Hauts-Champs appartenaient, à la fin du XVIème siècle, à Philippe de Bocquignie, et en 1621 à Marie Le Mahieu, fille de feu Vaast. En 1596, le meunier des Hauts-Champs était Adam Delattre. » Les vieilles seigneuries » du chanoine Théodore Leuridan

« De son Brésil natal, Sandra Mulliez a gardé la spontanéité chaleureuse et communicative. Au service d'une créativité tous azimuts dans les années 80, à São Paulo, cet enthousiasme est aujourd'hui consacré aux artistes via SAM Art Projects, son projet de soutien à des plasticiens confirmés mais peu connus parce qu'issus de pays dits « émergents ». En moins d'un an et demi, elle a réuni un comité où siègent six personnalités du monde de l'art ; créé une résidence d'artistes (dont la première bénéficiaire, Elaine Tedesco, prendra bientôt possession) et un prix de 20 000 EUR ; mobilisé l'intérêt de collectionneurs et de galeristes, convaincu des conservateurs de musée de s'associer à son projet... « Mon but est de découvrir et faire connaître d'autres artistes, en marge des circuits déjà balisés, et de les aider en leur offrant les conditions qui leur permettent de réaliser une oeuvre, qui sera ensuite exposée au Palais de Tokyo. » Avec une conscience aiguë de la responsabilité d'une telle entreprise : pas question de proposer n'importe quoi, n'importe comment, au public. Le projet se veut joyeux mais sérieux, et l'engagement total. Une forme de mécénat original et alternatif. » http://www.connaissancedesarts.com

Association familiale Mulliez
Personnes clés
Gérard Mulliez • Vianney Mulliez • Arnaud Mulliez • Louis Mulliez • Gonzague Mulliez • Thierry Mulliez • Stéphane Mulliez • Hugues Mulliez

Restauration
Agapes Restauration • Flunch • Pizza Paï • Amarine • Les 3 Brasseurs • So Good

Grande distribution
Auchan • Alcampo • Atac • Banques Accord et Oney • Cityper • Colmark • Immochan • Rik et Rok • Elea • La Rinascente • RT Mart • Sabeco • Supermercados Expresso SMA • Simply Market •

Sport
Koodza • Décathlon : Centre de recherche Decathlon • Decathlondesign et leurs marques :
Aptonia • Domyos • Geologic • Géonaute • Inesis • Kipsta • Orao • Quechua • Tribord

Les Fils de Louis Mulliez
Phildar

Automobile
Auto5 • Maxauto • Midas • Norauto

Maison
Saint Maclou • Cosily • Allied Carpets • Home Market • Essers • Teppichfreund

Autres
Banque Accord • Boulanger • Kiabi • Top Office • Cultura • Youg's • Surcouf • La vignery • Picwic • Kiloutou

Participations stratégiques
Leroy Merlin • Bricocenter • Obi • Aki • Bricoman
Pimkie • Xanaka

3 Suisses • Alinéa • Aquarelle • RougeGorge Lingerie • GrosBill • Jules • In Extenso • Tape à l'Œil

Paul Dubrule et le groupe Accor

Maire de Fontainebleau (1992-2001), Sénateur de Seine et Marne, Paul Dubrule appartient aux grandes familles du Nord ; les Dubrule sont alliés aux Pollet, Watine, Boutry, Brabant etc. Co-fondateur  avec Gérard Pelisson du groupe Accor en 1967, leader sur le continent européen mais aussi premier opérateur hôtelier dans le monde.
Il était à l'origine la Société d'Investissement et d'Exploitation Hôteliers (SIEH) puis créa dès sa première année Novotel à Lille. Le lancement de la marque Ibis a été matérialisé en 1974 par une première installation à Bordeaux puis SIEH devient propriétaire la même année de la marque Courtepaille. Un an plus tard, le groupe a acquis la marque Mercure puis Sofitel en 1980. En 1982, SIEH prit les commandes de Jacques Borel International et devient Groupe Novotel SIEH - Jacques Borel International. En 1983, le groupe se rebaptisa et devient Groupe Accor, nom qu'on lui connait aujourd'hui.
Le Groupe Accor continua dans la logique de sa politique d'acquisition avec Motel6 en 1990, la Compagnie Internationale des Wagons-Lits et du Tourisme un an après. Le groupe nomma en 1997 Jean-Marc Espalioux à la tête puis créa son site officiel : Accorhotels.com en 2001.
En 2005, le groupe devient actionnaire du Club Méditerranée dans une proportion de 30%. L'année suivante, Gilles Pélisson succède à Jean-Marc Espalioux puis cède en 2007 plusieurs activités du groupe. Il acquiert par la même occasion Kadéos et créa de nouvelles chaînes dont Pullman, MGallery et All Seasons.
Au cours de la même année, le Groupe Accor lança en collaboration avec le groupe Pierre & Vacances, Adagio City puis tout seul le programme A-Club en 2009. Aussi, on assiste à la séparation de Accor Hospitality et Accor Services. Le premier fut rebaptisé Accor et le second prend le nom de EDENRED.
SuiteHotel intégra également Novotel sous la dénomination Suite-Novotel puis Accor Services et MasterCard Europe s'allient en créant un service de prépaiement dénommé PrePay, solutions dans lequel Accor Services est l'actionnaire majoritaire.
Le Groupe Accor dispose au total de 33 marques réparties dans divers domaines.
- Hôtellerie : Accor Thalassa, Sofitel, Pullman, Groupe Lucien Barrière, Novotel, Suitehotel, Mercure, MGallery, Ibis, All Seasons, Etap Hotel, Hôtel F1 (ex-Formule 1), Motel 6, Adagio City, Orbis.
- Services:Ticket restaurant, Ticket Tesorus, Ticket Services, Kadéos, PrePay Solutions.
- Autres : Compagnie des wagons-lits, Lenôtre, pour ne citer que les principales.
Le groupe permet à sa clientèle de bénéficier de son programme de fidélité ainsi que d'autres offres. Par conséquent, avec son programme A-Club plusieurs opportunités vous sont offertes et vous pouvez gagner des points, les convertir etc. Vous pouvez également avoir accès aux offres hôtelières, offres partenaires, aux promotions flash AccorHotels et d'autres surprises encore. La Fondation Accor a 112 projets soutenus dans 33 pays (5 continents), impliquant plus de 5 000 collaborateurs.
Les enjeux du développement durable
L’humanité consomme de plus en plus de ressources naturelles pour répondre à ses besoins grandissants, avec des conséquences préoccupantes :
    Le monde consomme presque trois fois plus d’énergie qu’il y a 40 ans, or 80 % de cette énergie est fournie en brûlant du pétrole, du charbon et du gaz. Cette situation pose aujourd’hui deux soucis majeurs : d’une part, la combustion d’énergie pollue et réchauffe l’atmosphère à grande échelle. D’autre part, cette combustion repose sur des ressources naturelles limitées. Il faudra des millions d’années pour reconstituer les ressources que nous consommons en quelques années.
    Pour subvenir à ses besoins, l’humanité prélève une part croissante des ressources naturelles de la planète, au point que celles-ci peinent à se renouveler : les sols tendent à s’appauvrir, les forêts reculent, les réservoirs d’eau potable s’assèchent et la nature perd en diversité biologique.
    La hausse de la consommation a conduit à une production mondiale de déchets 1,5 fois supérieure à ce qu’elle était il y a 20 ans, et seulement 10% sont aujourd’hui recyclés. Ces déchets posent ainsi à la fois des problèmes de stockage et de pollution sur l’environnement.
A côté de ce constat, l’humanité est certes trois fois plus riche qu’il y a 40 ans, mais des problèmes importants persistent :
    Plus d'un milliard de personnes vivent encore en-dessous du seuil de pauvreté mondial, c’est-à-dire 1,25 $ par jour.
    L’alimentation est un sujet de préoccupation au Sud comme au Nord : près d’un milliard de personnes souffrent aujourd’hui de sous-nutrition, tandis que dans les pays les plus riches les modes d’alimentation deviennent une source importante de maladies cardio-vasculaires.
    Les évolutions démographiques et sociales de la planète conduisent à augmenter la rapidité de diffusion des maladies infectieuses, et donc leur impact. 33 millions de personnes sont par exemple séropositives dans le monde, dont 90% ne savent pas qu’elles sont infectées.
    Enfin, les écarts de développement ont mis en évidence l’enjeu de l’éducation. Une éducation qui doit souvent être renforcée à la base, quand on sait que dans des dizaines de pays plus d’une personne sur deux souffre d’analphabétisme.
Face à ces enjeux, tous les acteurs de la société peuvent être moteurs de changement.
La responsabilité des entreprises
Une entreprise, en particulier, peut être une force de transformation pour le monde à partir du moment où elle assume ses responsabilités vis-à-vis de ses parties prenantes, c’est-à-dire des différents groupes qui sont directement ou indirectement liés à elles.
Le Pacte mondial des Nations unies, lancé en 1999, fait partie des toutes premières démarches qui ont engagé les entreprises à exercer cette responsabilité. Celle-ci peut se manifester à différents niveaux :
    La gouvernance : ouverte et transparente, l’entreprise peut instaurer des stratégies gagnantes qui prennent en compte les intérêts de toutes les parties prenantes (communautés locales, investisseurs, fournisseurs…).
    Les ressources humaines : lorsqu’une entreprise s’engage sur la formation de ses employés et la promotion de la diversité, elle fait avancer l’éducation et l’intégration sociale à son niveau.
    Les achats : à travers une politique d’achats responsables, une entreprise peut aider au développement des petits producteurs locaux comme à celui des filières globales telles que le bio ou le commerce équitable.
    La communication : à travers la sensibilisation de ses employés et de ses clients, une entreprise peut faire avancer des grandes causes comme la lutte contre le VIH/sida ou contre la déforestation.
    Les opérations : à travers des projets d’envergure, une entreprise peut aider à la diffusion de nouvelles pratiques telles que le tri sélectif des déchets, et à la promotion de nouvelles technologies comme l’énergie solaire.
 Les possibilités d’actions sont donc nombreuses. Chacun peut trouver les moyens d’apporter sa propre contribution.
Le rôle de l'hôtellerie
L’hôtellerie a un rôle clé à jouer dans le développement durable. En effet, chaque hôtel est confronté à son niveau aux problématiques actuelles de l’environnement : chauffage du bâtiment, consommation de l’eau, gestion des déchets ménagers (clients) et industriels (blanchisserie, restauration), préservation du site… L’hôtel est donc un vrai terrain où explorer de nouvelles techniques et de nouvelles manières de vivre.
En outre, un groupe hôtelier est implanté aux quatre coins du globe : dans les centres-villes et les banlieues, dans les métropoles et les campagnes, à la montagne et le long des côtes, des régions les plus modernes aux contrées les plus reculées... Cette infinie variété des lieux fait du secteur hôtelier le témoin direct et privilégié des grandes problématiques mondiales, comme le développement économique, la lutte contre les maladies ou encore l’alphabétisation.
Enfin, les hôtels voient passer le monde entier entre leurs murs. Ils constituent donc un lieu unique de sensibilisation auprès du grand public, que ce soit sur des thèmes de société ou sur des nouvelles pratiques écologiques.
Et Accor ?
Accor, premier opérateur hôtelier mondial et leader en Europe, est présent dans 90 pays. Avec 145 000 collaborateurs, le Groupe construit chaque jour une vision forte du développement durable grâce à l’expérience de ses collaborateurs et de ses clients du monde entier.
Ce positionnement unique aide sans doute à expliquer l’engagement précurseur de Accor : dès 1974, les dirigeants du groupe qualifiaient l’environnement de « matière première du tourisme ». Vingt ans plus tard, en 1994, Accor devenait l’une des premières grandes entreprises françaises à se doter d’une direction environnement.
Depuis, Accor a eu le temps d’accumuler une large expérience sur le sujet. Un département a d’ailleurs été spécifiquement créé en 2002, afin de structurer et d’animer cette expérience. Aujourd’hui, le développement durable s’articule chez Accor autour de quelques idées fortes :
    le développement durable ne se limite pas à l’environnement, mais comprend également tout les champs des engagements en faveur de l’homme (développement local, lutte contre les épidémies, protection des enfants face au tourisme sexuel).
    un groupe tel que Accor gagne à capitaliser sur sa force de mobilisation. A travers son large réseau d’hôtels et d’activités dans le monde, Accor a en effet la capacité de rallier un nombre important de partenaires autour de projets communs.
    enfin, la communication du développement durable doit se concentrer sur des actions concrètes, en restant rigoureuse et transparente sur les résultats atteints.

Historique de l’engagement du groupe Accor
1994
    Création d’une Direction Environnement du Groupe.
1998
    Lancement de la charte Environnement de l’hôtelier, qui recommande 15 actions à mener au niveau de chaque hôtel.
2001
    Partenariat avec l’association ECPAT, qui lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants dans le monde.
2002
    Création de la Direction Développement durable du Groupe, traitant les sujets environnementaux et sociétaux.
2003
    Adhésion au Pacte mondial des Nations Unies.
    Lancement de la charte Achats durables.
    Introduction d’une offre de café équitable dans les hôtels Sofitel en France.
2004
    Ibis engage son réseau dans la certification environnementale ISO 14001.
2005
    Mise à jour de la charte Environnement de l’hôtelier, qui préconise désormais 65 actions.
    Création de OPEN (Outil de Pilotage Environnemental), un outil intranet qui permet à chaque hôtelier de faire remonter ses consommations d’eau et d’énergie, ainsi que les actions de la charte Environnement qu’il met en place.
2006    
Lancement du programme Earth Guest, qui structure les actions menées en matière de responsabilité sociétale et environnementale autour de huit priorités.
    Ouverture du Novotel Montparnasse à Paris, premier hôtel construit selon les standards HQE® en France.
    Conclusion d’un partenariat avec la GBC, Coalition Mondiale des Entreprises contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
2007
    Première édition d’ Earth Guest day, la journée mondiale des collaborateurs Accor pour le développement durable, le 22 avril, en même temps que la journée mondiale de la Terre.
    Début du projet « 100 hôtels solaires », qui vise à diffuser la technologie solaire thermique dans l’hôtellerie.
    Lancement de « ACT-HIV », le programme de Accor en matière de prévention et de sensibilisation contre le VIH/sida.
2008
    Début du projet Plant for the Planet, qui vise à planter 3 millions d’arbres d’ici 2012 grâce aux économies générées par la réutilisation des serviettes de bain plus d'une nuit par les clients des hôtels Accor.
2009
    Lancement par la marque Novotel d'un module de formation en e-learning sur le développement durable à destination des collaborateurs.
    Obtention par le futur Suite Novotel Issy-les-Moulineaux de l'un des premiers certificats NF bâtiments tertiaires - démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) accordé à un hôtel.
2010
    Obtention par Accor du Tourism for Tomorrow Award 2010, décerné par le World Travel & Tourism Council (WTTC), qui récompense les actions menées par le Groupe dans le monde en faveur du développement touristique durable.  Lancement d'un partenariat avec l'Institut Pasteur pour agir sur les maladies émergentes via A|Club, le programme de fidélisation de Accor.    Obtention par le Motel 6 Northlake-Speedway de la certification LEED (« Leadership in Energy and Environmental Design ») qui récompense la construction de bâtiments durables à haute performance.

Jean-Pierre Letartre est Président France Luxembourg Maghreb, d’ Ernst & Young ; diplômé d'un DEA de Droit des Affaires, Expert Comptable, Commissaire aux Comptes. Originaire de Lille, il rejoint le Cabinet Ernst & Young en 1985 et crée en 1986 le bureau pour la région Nord. C'est ainsi, que de trois collaborateurs à sa création, le bureau Lillois en compte 180 aujourd'hui. En 1994, il est chargé de développer et d'animer les activités EY sur l'ensemble des bureaux des régions et de développer le marché des entreprises de croissance. En 2005, il accède au poste de Directeur Général pour l'ensemble de la France. Jean Pierre Letartre est aussi très impliqué dans la promotion de l'entreprenariat en France : il est vice-président des journées de l'Entrepreneur. Les 3400 collaborateurs et associés sont installés dans la tour First de la Défense, certifiée HQE. Ernst & Young est un des principaux cabinets d'audit, l'un des Big Four, et le troisième réseau mondial en termes de chiffre d'affaires (après PricewaterhouseCoopers et Deloitte)2 (2009). Sa mission est de répondre aux enjeux majeurs de ses clients (sociétés cotées, entreprises du Middle Market, jeunes entreprises innovantes, secteur public, fonds d'investissements…).

 Les Arnault 

Arnault-Paris-Match

Photo Paris Match

Lvmh-

Bernard Arnault est le père de cinq enfants; de son premier mariage avec Anne Dewavrin (remariée à Patrice de Maistre), il eut Delphine, administratrice du groupe LVMH depuis 2004 et Antoine, directeur de la communication chez Louis Vuitton. De sa seconde et actuelle épouse, Hélène Mercier-Arnault, canadienne, pianiste, il  a trois fils . LVMH est un groupe international ; La majeure partie des 80 000 salariés est basée à l’ international :- 22 % en Amérique du Nord et du Sud, 6 % au Japon,  19 % en Asie-Pacifique,  22 % en Europe (hors France). De plus, 85 % du chiffre d'affaires sont réalisés à l’ international. Par ailleurs, le groupe LVMH a établi de nombreux partenariats avec différentes écoles à l’ international. 

Le documentaire écrit par Guillaume Durand et réalisé par Gilles de Maistre "Bernard Arnault, l’enfance est un destin" diffusé sur France 5 montre l’attachement de Bernard Arnault pour Roubaix, la ville de sa naissance, de son enfance, de sa famille,  de ses valeurs et une sensibilité qui s’exprime pleinement dans son talent pianistique. Il sait être un ambassadeur de la France dans le monde.

PATRIMOINE VIVANT

 Et

Voici 

les particularités de ces 

« Grandes Familles du Nord » :

Ancienne identité terrienne ou urbaine en Flandre Méridionale,

 Héritages  du  duché  de  Bourgogne,  d'Espagne,  de l’histoire  de  France.

Indépendance  du  Beffroi  des Villes  Franches mais Révérence aux  Suzerains.

Recherche    du  millénaire   et   convoité    statut   de   Bourgeois   de   Flandres.

Catholicisme   exclusif  issu  de  la  Contre-Réforme  des   Flandres   méridionales 

Educations  classiques  et strictes dans des institutions consacrées et pragmatisme

Exceptionnel    esprit   de    familles   nombreuses,  généreuses,  unies, alliées   entre   elles.

Ces    innombrables    parentés     croisées      en     font   une   seule    et    vaste    famille.

Constitutions   de   lignées,  dynasties, les  ainés  au même prénom  jusqu’à  12 générations.

Rôle des chefs de familles; goût des réunions régulières des parentèles et cérémonies.

Archivages    des   généalogies   à  travers   des  Bottins,  tel   le   "Ravet-Anceau"

Nombreuses     vies    consacrées,   nombreux    créateurs,    nombreux    engagés.

Tradition   textile,  négociante   et   fabricante  depuis  le Moyen-âge au moins.

Esprit  d’entreprise, de  responsabilités  et  d’excellence  à  chaque génération.

Puissance    de    travail,   solidarités     familiales,   rôle   des     alliances.

 Vision planétaire depuis cette terre, longtemps  «capitale mondiale textile ».

Puissance   économique   exceptionnelle   en  France  et  dans  le   monde.

Engagements divers pour la cité et la Nation et Œuvres innombrables

Innombrables initiatives sociales, souvent appelées  "paternalisme", 

en  opposition  au  capitalisme   financier  international.

Grands bâtisseurs: œuvres artistiques remarquables.

Goût des collections, du mécénat.

Goût des  demeures, des   intérieurs, des jardins.

Goût des Manufactures, matières et des couleurs.

Capacité de rebondir puis de se reconvertir dans l’adversité.

Ces particularités font  des  « Grandes Familles du Nord »

un tout appartenant au Patrimoine Vivant

      AGACHE  ARNAULT     BARROIS    BEGHIN
DE  BAILLIENCOURT        BAYART           
BECQUART 
BEHAGHEL
            BERA           BERNARD               BESNARD
BIGO      
BONDUELLE        BOSSUT       BOUTRY     BONTE    BRABANT
BREUVART        BROUDEHOUX         BULTEAU      BURRUS      BUTRUILLE
CARISSIMO     CATOIRE      CATRY      CAULLIEZ      CAVROIS    CHARVET    COISNE
  COLOMBIER      COUROUBLE     CORTYL     CREPY     CROMBEZ    CROUAN   CUVELIER
 DALLE    DANSETTE    DATHIS   DASSONVILLE    de BETTIGNIES   DE COSTER-DECOSTER

DE FRENNE  -  DEFRENNE         
DECROIX        DEHAU - DEHAU DE STAPLANDE    DE GANDT
 DEBIEVRE
       DELAME     CHOMBART      CHRISTORY     CROMBEZ      DE LATTRE -  DELATTRE 
DELANNOY         DE LE BECQUE -  DELEBECQUE        DE BRIGODE     DE LE CROYS -  DELECROIX 
DELCOURT    DELEPLANQUE  DE LE RUE - DELERUE   DE LE SALLE -  DELESALLE    De LESPAUL
DELLOYE        de VAREILLES SOMMIERES    DELAHOUSSE  DE LAOUTRE DELAOUTRE DEMEESTERE 
DE MEULENAERE   DENONVILLIERS  DUPONT   DERODE     DERVAUX      DERVILLE       DESBONNETS 
  DESCAMPS         DESMAZIERES   DESOMBRE     DESPATURE   DESRUELLES   DES TOMBES -  DESTOMBES 
DEVEMY   DE SURMONT  -  DESURMONT    DEVILDER  DE WAVRIN - DEWAVRIN   D’HALLUIN     DILLIES
DOUTRIAUX       DROULERS     DUBAR     DUBRULE     DUBOIS    DUBUS       DUCATTEAU     DUCHATELET
 DUFOUR  DU HAMEL   DUJARDIN     DUPIRE    DUPREZ    DUQUENNOY    DURIEZ      DUROT     DUTHOIT 
DUVILLIER  ELOY    ERNOULT      FAUCHILLE    
FAURE     FAUVARQUE      FLIPO     FLORIN      FROIDURE 
FROISSART    GERARD     GIARD    GHESQUIERE     GLORIEUX    GOURLET    GRARDEL   GRAS   GRIMONPREZ
GALLANT     GUERMONPREZ     HOUZE  de L’AULNOIT     HEYNDRICKX     HUET   IBLED    JOIRE  JONVILLE
LE BLAN    LEFEBVRE     LEMAIRE     LECOMTE     LEPEE     JONGLEZ de LIGNE     LECLERCQ     LEMAITRE
  
LEPLAT        LEPOUTRE        LENGLART       LEROUX        LESAFFRE      LESTIENNE     LESUR     LEURENT  
 
LIAGRE         LE THIERRY   D’ ENNEQUIN        LIENART       LORTHIOIS      LOTTHE    LOUCHEUR     MAES
  MABILLE  DE  PONCHEVILLE          MAILLARD     MACQUART de TERLINE           MAILLOT          
MALARD 
MALFAIT     MAQUET   MAS  DE TREHOULT    MASQUELIER        MASUREL      MATHIAS          MATHON
   MEILLASSOUX   MIGNOT   MINART      MONTPELLIER   MORAEL      MOTTE     MOTTEZ       MOURCOU
   MULLIEZ   NICOLLE    OUTTERS     OVIGNEUR       PATTYN      PIAT      PIERARD      POISSONNIER 

POLLET  PROUVOST    PUPPINCK   RAMMAERT   RASSON  REQUILLART  R EUMAUX    ROGEAU
ROQUETTE      ROUSSEL      SARTORIUS      SCALABRE      SCALBERT        SCREPEL     SCRIVE
  SEGARD     SION      
SIX    THIRIEZ      TIBERGHIEN       THELLIER  DE  PONCHEVILLE
 THERY    
TOULEMONDE    TOURRET     TRECA      VAN DEN BERGHE      VANDAME
VALDELIEVRE       VALENTIN     
VAN ELSLANDE      VERHAEGHE     VERLEY
VERSTRAETE          VIENNE        VOREUX        
WACRENIER       WARTEL
 
VIRNOT - VIRNOT de LAMISSART       VERNIER          WAMBERGHE
  
WALLAERT    WATEL      WATINE   WATTINNE   WATRELOT
WATRIGANT          WAMBERGHE         
WAUQUIEZ 
WIBAUX
               WILLOT
WOUSSEN

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